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Taaut ou Thaut. Voyez THOT .

Tableaux des Philosophes. Ce sont leurs livres, leurs allégories, leurs hiéroglyphes, etc.

Tagetes. Tanaisie.

Tal. Alkali.

Talc des Philosophes. Pierre des Sages fixée au blanc. C'est en, vain que l'on cherche à faire l'huila de talc avec le talc vulgaire. Les Philosophes ne parlent que du leur, et c'est à ce dernier qu'il faut attribuer toutes les qualités desquelles les livres font tant d'éloges.

Tamis des Sages. Mercure Hermétique. TAMIS DE LA NATURE . C'est l'air à travers lequel passent les influences des astres pour venir jusqu'à nous.

Tamue. Matière de l'œuvre préparée et cuite au rouge-de-pavot.

Tamus ou Tanus. Coulevrée, bryoine.

Tanech. Pierre-ponce.

Tantale. Fils de Jupiter et de la Nymphe Plote, reçut les Dieux à sa table, et leur servit entre autres mets son fils Pélops. Cérès fut la seule qui ne le reconnut pas. Elle en détacha une épaule, qu'elle mangea. Les Dieux le ressuscitèrent, et remplacèrent cette épaule par une d'ivoire. Jupiter punit Tantale en le condamnant dans les Enfers à souffrir une faim et une soif perpétuelle, quoique au milieu de l'eau et que les fruits lui descendent jusqu'à la bouche; quand il veut les prendre, ils s'enfuient de ses mains. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 6, chap. 4.

Taraguas. Bézoar. Taraxicum. Pissenlit.

Targar. Huile de genièvre.

Tarith. Mercure.

Tartar. Tartre.

Tartare. Fils du Chaos, lieu ténébreux où les méchants étaient envoyés pour subir les tourments auxquels ils étaient condamnés. Voyez ENFER . Le Tartare des Philosophes est la matière de l'œuvre en putréfaction. Quelquefois ils entendent par Tartare le travail inutile et fatigant des mauvais Artistes, et disent qu'ils sont condamnés au Tartare.

Tartre. (Se. Herm.) Basile Valentin et quelques autres Philosophes ont dit que le tartre dissout les métaux; ce qui a fait naître l'idée à plusieurs Chymistes de le regarder comme la matière dont les Philosophes font leur magistère. Philalèthe cependant dit qu'il faut expliquer le terme de tartre de la même manière que la tête du corbeau; et ceux qui sont les moins versés dans cette science, savent que ces expressions signifient la matière des Philosophes au noir.

Le tartre blanc, ou le sel de tartre des Sages, est leur magistère parvenu à la couleur blanche.

TARTRE DE MARBRE . Ce sont les pierres qui se forment dans le corps humain. On les nomme ainsi de la matière terrestre et tartareuse dont elles se forment.

Taureau. Animal quadrupède d'un grand usage pour l'agriculture. Les Philosophes l'ont donné très souvent pour hiéroglyphe de la matière du Grand Œuvre. Les Egyptiens avaient en conséquence beaucoup de véné-ration pour cet animal, que les Prêtres présentaient au peuple comme le symbole d'Osiris, un de leurs grands Dieux. Les Philosophes Grecs, instruits par ces Prêtres de ce qu'ils entendaient par le taureau, inventèrent beaucoup de fables, dans lesquelles ils introduisirent cet animal, et indiquèrent la qualité chaude et solaire de la matière, en disant que ces taureaux jetaient du feu et de la flamme par la bouche et les narines. Tels sont ceux que Jason surmonta et mit sous le joug pour leur faire labourer le champ de Mars, afin de s'emparer par ce moyen de la Toison d'or suspendue dans la forêt de ce Dieu. Tel était celui dont Hercule débarrassa l'île de Crète. Les pieds des uns et des autres étaient d'airain. Europe fut enlevée par un taureau, Pasiphaé devint amoureuse d'un taureau; Cadmus suivit un bœuf, et bâtit une ville dans l'endroit où il s'arrêta. Le fleuve Achéloiis se changea en taureau pour combattre Hercule; Prothée prenait la forme de taureau, etc.

Les Prêtres d'Egypte nourrissaient avec beaucoup de soins un taureau noir ayant seulement une tache blanche, et le logeaient dans le temple de Vulcain. le plus grand de leurs Dieux. Osiris, dont ce taureau était le symbole, signifiait feu caché, et avait pour sœur et pour épouse Isis, ou une vache, qui avait Mercure pour Conseiller et Administrateur de tout l'Empire pendant les voyages d'Osiris son mari, et après sa mort. Osiris était lui-même le symbole du Soleil et Isis l'était de la Lune; mais du Soleil et de la Lune des Philosophes, et non des astres qui nous éclairent, ou des astres terrestres, l'or et l'argent, que les Chymistes vulgaires appellent Soleil et Lune.

Les Egyptiens parfaitement instruits des secrets les plus cachés de la Nature, imaginèrent en conséquence les signes du Zodiaque, toujours par allusion à leur Art Hermétique, que le» Philosophes assurent être la clef de toutes les sciences. Ils assignèrent pour cet effet les trois signes du Bélier, du Taureau et de Gemini pour ceux. qui président au commencement de l'année ou du printemps, parce qu'ils sont le commencement de l'œuvre. Les Philosophes, en suivant le sys-tème des anciens Disciples d'Hermès, ont dit pour cette raison, qu'il fallait commencer l'œuvre au printemps, quoiqu'on puisse le commencer en effet dans toutes les saisons. Ceux qui sont au fait de l'Astrologie en devineront aisément les raisons, pourvu qu'ils aient aussi lu attentivement les livres des Philosophes. Voyez ZODIAQUE .

Il paraît que l'Auteur du Dictionnaire Hermétique n'avait pas médité longtemps et sérieusement les ouvrages des Philosophes, et combiné leurs raisonnements sur les fables, lorsqu'il interprète les taureaux qui gardaient la Toison d'or, par le feu vulgaire entretenu dans des fourneaux chymiques, dont les registres représentent les narines de ces animaux. Le taureau furieux qui ravageait l'île de Crète, et qui avait des pieds d'airain comme ceux que Jason mit sous le joug, font voir clairement que ces allégories ou fables ne peuvent s'entendre des fourneaux chymiques, mais du fourneau secret des Philosophes. Hercule après avoir pris le taureau de l'île de Crète, le conduisit à Eurysthée, c'est-à-dire, à la plus grande fixité, comme on peut le voir dans le livre 5, ch. 1, 7 et 10 des Fables Egypt. et Grecq. dévoilées. Tant que l'eau mercurielle des Philosophes demeure sur la terre des Sages, signifiée par Pisie de Crète, cette terre est ravagée par la dissolution, et incapable de rien produire; mais sitôt qu'Hercule arrête le taureau, ou fixe cette eau, pour le mener à Eurysthée, elle devient propre à la végétation; on peut la cultiver pour y semer l'or philosophique.

Tefra. Cendre.

Teindre. En termes de Science Hermétique, signifie conduire le régime du feu, l'administrer à la matière pour la digérer et la cuire de manière qu'elle prenne successivement les différentes couleurs desquelles les Philosophes font mention, et qu'ils appellent signes démonstratifs. C'est délà qu'on les a nommés Teinturiers.

Teinture. En termes de Chymie, ne signifie pas l'extraction de la simple couleur des mixtes, mais les couleurs essentielles auxquelles sont adhérentes les vertus et les propriétés des corps dont ces teintures sont extraites. L'art Spagyrique distingue plusieurs espèces de teintures; les unes sont dîtes passives, parce qu'elles sont simplement extraites, comme la teinture de rosés; les autres se nomment actives, et ce sont celles qui servent à en extraire d'autres; telle est celle du magistère des Sages, ou leur mercure. On les divise encore en teintures naturelles et teintures artificielles. Dans celles-ci, les unes sont dites animales, quand elles sont extraites' des animaux; métalliques, quand on les tire des métaux, etc. On les nomme quelquefois huiles, esprits, quintessences, selon qu'elles participent plus ou moins des qualités des choses qui ont ces dénominations. Manget, Béguin.

La teinture est le dernier degré de la transmutation des corps naturels. Elle conduit à la perfection toutes les choses imparfaites. Paracelse définit la teinture une matière très noble, qui teint les corps métalliques, et humains, et les change en une essence bien plus excellente et une manière d'être infiniment plus parfaite que celles dont ils jouissaient auparavant. Elle pénètre les corps et les fait fermenter comme le levain.

La teinture qui transmue les métaux doit être fixe, fusible comme la cire, et incombustible de manière que mise sur une lame rougie au feu, elle y fonde sans fumée, et y pénètre comme l'huile pénètre le papier.

La vraie teinture des métaux est le soufre métallique exalté. Le mercure est appelé le milieu ou moyen propre à joindre et à réunir les teintures. La pierre au rouge et la pierre au blanc réduites en élixir ou en poudre de projection, sont les deux seuls et vrais principes des teintures des métaux; toute autre teinture n'est que tromperie, supercherie et sophistication.

TEINTURE VIVE . Pierre au rouge. TEINTURE ILLUMINANTE DES CORPS .

Même chose que poudre de projection. Quelques-uns ont cependant pris ces expressions comme signifiant la pierre au rouge, ou le soufre aurifique des Philosophes, parce qu'ils le nomment Soleil, et que le soleil est comme le principe, ou le distributeur de la lumière. En vain les Chymistes cherchent-ils à tirer la teinture dé l'or vulgaire pour en habiller d'autres métaux; la véritable teinture de l'or consiste dans son soufre radical, qui est inséparable du corps même de l'or, suivant d'Espagne! D'ailleurs quand la chose serait possible, cette teinture ne pourrait donner que ce qu'elle a, et ne pourrait teindre qu'un poids d'argent égal à celui de l'or duquel elle a été extraite; au lieu qu'un grain seul de teinture philosophique poussée au point de perfection dont elle est susceptible, teindra un million de grains de métal de quelque espèce qu'il soit. TEINTURE ROUGE OU TEINTURE DE

POURPRE est la même que Teinture illuminante.

Télamon. Fils d'Eaque et frère da Pelée, fut père d'Ajax, qui de lui fut appelé Télamonien. Télamon était un des Argonautes, et accompagna Hercule lorsqu'il délivra Hésione de la dent meurtrière du monstre marin auquel elle était exposée. Hercule la céda à ce compagnon fidèle. Voyez HESIONE .

Télémaque. Fils d'Ulysse et de Pénélope, était encore jeune quand son père partit pour la guerre de Troye. Pendant cette absence les Amans de Pénélope maltraitèrent Télémaque, qui quitta la maison paternelle pour chercher Ulysse. A son retour il chassa, avec l'aide de son père, tous ces Amans importuns. Voyez ULYSSE .

Thélephe. Fils d'Hercule et de la Nymphe Auge, fut exposé dans les bois, où une biche l'allaita. Ceux qui le trouvèrent, le présentèrent au Roi de Mysie, qui l'adopta et le désigna son successeur. Ayant refusé le passage aux Grecs qui allaient au siège de Troye, il fut blessé d'une flèche d'Achille. La plaie devint extrêmement douloureuse, et n'y trouvant pas de remède, il consulta l'Oracle, qui lui apprit que celui qui avait fait le mal le guérirait. S'étant réconcilié avec Achille, celui-ci lui donna de la rouille du fer de sa lance; Télephe l'appliqua et fut guéri.

Telesme. Fin, perfection, complément.

Temerus. Brigand que Thésée mit à mort. Voyez THESEE .

Temeynchum. Or des Philosophes, ou leur magistère au rouge.

Temples. C'est dans l'Egypte qu'il faut chercher l'origine des temples. Hérodote le dit formellement. Cette coutume de bâtir des temples passa d'Egypte chez les autres Nations, par les Colonies qui y furent transportées. On peut voir dans l'Auteur ci-dessus, la magnificence du temple de Vulcain en Egypte, que tant de Rois voulurent embellir et eurent bien de la peine à achever : c'était une grande gloire si dans un long règne un Prince avait pu achever un portique. Les plus célèbres furent celui de Jupiter Olympien, celui d'Apollon à Delphes, devenu si célèbre par les oracles qui s'y rendaient; celui de la Diane d'Ephese, chef-d'œuvre de l'Art; le Panthéon, ouvrage de la magnificence d'Agrippa, gendre d'Auguste; enfin celui de Bélus, composé seulement d'une grande et magnifique tour à sept étages, dont le plus élevé renfermait la statue de ce Dieu, avec les autres choses dont parle Hérodote.

Les statues des Dieux qu'on y plaçait étaient d'or, d'ivoire ou d'ébène, quelquefois composées de ces trois matières, ce qui est à remarquer par les raisons que nous avons déduites dans le Traité des Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.

Quand il s'agissait de bâtir un temple, on environnait le lieu avec des rubans et des couronnes, et les Vestales le purifiaient en le lavant avec de l'eau pure et nette. Le Pontife après avoir fait un sacrifice solennel à la Divinité à laquelle il devait être dédié, touchait la pierre qui devait servir la première à former le fondement, et le peuple l'y jetait avec quelques pièces de monnaie ou quelques morceaux de métal qui n'avait pas encore passé par le creuset. Les temples de Vulcain, de Vénus son épouse, et de Mars se plaçaient aux portes des villes. Ceux de Mercure, d'Apollon, de Minerve et des autres Dieux étaient au dedans des murs. Vitruve (Liv. 2, ch. 2) apporte des raisons de ces différences, qui ont un air de vraisemblance, mais qui montrent qu'il n'était pas au fait de celles qui avaient déterminé ceux qui l'avaient précédé à en agir ainsi.

La plupart des temples étaient de figure ronde comme le Panthéon, et ne recevaient de jour que par un trou ou lanterne pratiquée au milieu de la voûte. On remarque cette forme dans les temples de l'antiquité la plus reculée. Toutes ces choses ne se faisaient pas sans dessein; et si les Egyptiens, suivant saint Chrysostôme, étaient mystérieux jusque dans leurs manières d'agir et dans leurs façons do s'habiller, peut-on douter qu'ils n'aient eu quelque! objet en vue dans la forme de leurs temples ? Si leurs prétendus Dieux et les actions qu'on leur attribue ne sont que des allégories de l'Œuvre Hermétique, n'aura-t-on pas raison de penser que cette forme ronde du temple, ou du lieu où étaient placés les Dieux, était un symbole du vase qui contient les Divinités Hermétiques ? Les Philosophes savent bien pourquoi les temples de Vulcain, de Vénus et de Mars étaient à la porte des villes. Il suffit même d'avoir lu assez superficiellement leurs livres, pour y remarquer qu'ils ont donné les noms de ces trois Dieux aux matières du magistère, desquelles doivent se composer leur Mercure, leur Jupiter, leur Diane et leur Apollon, dont les temples, pour cette raison, étaient renfermés dans l'enceinte des villes.

Dans la suite les temples prirent une autre forme par la fantaisie des Architectes, qui trouvèrent le carré long plus susceptible des ornements qu'ils imaginèrent; mais ils conservèrent presque toujours rond ou en forme de rotonde le lieu principal de l'intérieur des temples; les autres parties ne furent censées que comme des accompagnements, ou comme nécessaires pour loger le peuple; tels sont les nefs et les collatéraux. 

Temps. Les Philosophes semblent n'être pas d'accord entre eux sur la durée des opérations requises pour parvenir à la fin de l'Œuvre Hermétique. Les uns disent qu'il faut trois ans, d'autres sept, d'autres jusqu'à douze; mais il s'en trouve qui réduisent cette durée à dix-huit mois, Raymond Lulle à quinze, Trévisan à peu près au même temps, et Zachaire dit qu'il commença l'œuvre le Lundi des fêtes de Pâques, et fit la projection vers le même temps l'année suivante. Mais dans toutes ces manières do s'exprimer qui paraissent se contredire, les Philosophes n'entendent que la même durée du temps suivant leur façon de le compter; parce que leurs mois et leurs saisons ne sont pas ceux du vulgaire. Il nous faut un an, dit Riplée, pour jouir des fruits que nous attendons de nos travaux. Un Anonyme explique tous ces différons termes de la manière suivante. Comme nous appelons un jour l'intervalle de temps qu'il faut au soleil pour parcourir le ciel depuis l'orient jusqu'à l'occident, les Philosophes ont donné le nom de jour au temps que dure notre coction. Ceux qui ont dit qu'il ne fallait qu'un mois, ont eu égard au cours du soleil dans chaque signe céleste; et ceux qui parlent d'un an ont en vue les quatre couleurs principales qui surviennent à la matière; car ces couleurs sont leurs quatre saisons. Voyez SAISONS .

Les Philosophes disent communément que le Grand Œuvre est un ouvrage de patience; que l'ennui occasionné par la longueur du travail a rebuté beaucoup d'Artistes, et qu'il faut plus de temps que de dépenses pour parvenir à son but. Ils ajoutent que la couleur noire se manifeste et doit se manifester vers le quarantième jour, si l'on a bien opéré; que cette couleur dure jusqu'au quatre-vingt-dixième jour; alors la couleur blanche succède, et puis la rouge. Mais tout cela doit s'entendre de l'ouvrage de la pierre, sans y comprendre la préparation manuelle des agent ou principes matériels de l'œuvre. Ainsi ceux qui parlent d'un an, l'entendent d'une seule préparation philosophique, telle que pourrait être celle du soufre; parce que dans chaque opération les couleurs qu'ils appellent saisons, doivent passer successivement. Ceux qui font mention de trois ans, y comprennent les opérations du soufre, de la pierre, et celle de l'élixir. Quand ils disent sept, neuf ou douze ans, ils y renferment toutes les opérations répétées pour la multiplication, et donnent le nom d'année à chaque opération. Voyez ANNEE , Mois, REGNE .

Ténare. Promontoire de la côte méridionale du Péloponnèse; tout auprès sont des gouffres dans la mer, que les Poètes ont feint être les portes de l'Enfer. C'est par-là qu'Hercule y descendit pour enlever le chien Cerbère, et en ramena son ami Thésée. Voyez ENFER .

Ténèbres. Les Philosophes comparent presque toujours leur matière en putréfaction aux ténèbres de la nuit, à celles de l'Egypte, et à celles qui enveloppaient la masse confuse du chaos avant la manifestation de la lumière. C'est pourquoi ils ont quelquefois donné le nom de Ténèbres à leur matière au noir. TENEBRES CYMMERIENNES . Matière de l'œuvre en putréfaction, appelée aussi le Noir plus noir que le Noir même.

Terengibil. Manne.

Tereniabin. Manne.

Terme. Dieu des champs et des bornes. Il était représenté sous la forme d'une colonne, d'un tronc d'arbre, etc. Il était censé borner tout, sans être borné lui-même.

Terpsichore. Nom d'une des Muses, dont voyez l'article.

Terre. Matière pesante et poreuse, qui compose avec l'eau le globe que nous habitons. Le vulgaire prend communément pour la vraie terre, ce qui paraît à nos yeux, c'est-à-dire, l'excrément de la terre et des autres éléments qui entre dans la composition de tous les mixtes sujets à la mort ou à la corruption. Mais dans ces excréments il y a un noyau, une vraie terre principe, qui ne se détruit point, qui fait la base des corps, et qui les conserve dans leur manière d'être jusqu'à ce que quel qu'accident dissipe le lien qui unit cette vraie terre avec ses excréments. Cette terre se trouve dans tous les mixtes, plus abondamment dans les uns que dans les autres; c'est ce principe que tant de Sophistes cherchent en vain, et qu'ils trouveraient sans peine s'ils connaissaient la Nature. Cette terre est la terre vierge des Philosophes, et ce que l'on doit entendre par l'élément de la Terre.

Les Philosophes Hermétiques donnent le nom de terre à la minière qui renferme la matière d'où ils extraient leur mercure; et ensuite, dans les opérations, à la matière même d'où ce mercure a été extrait. Ils donnent encore ce même nom de terre à leur mercure fixé; et c'est dans ce dernier sens qu'il faut entendre Hermès lorsqu'il dit, dans sa Table d'Emeraude : il aura la force des forces lorsqu'il sera réduit en terre. ils le nomment alors Eau qui ne mouille point les mains; parce que cette terre était premièrement eau, et redeviendra liquide toutes les fois qu'on la mêlera avec l'eau de laquelle elle était composée.

TERRE ADAMIQUE ou ADAMITE . C'est la matière de laquelle il faut extraire le mercure Hermétique.

TERRE BLANCHE FEUILLEE . Matière de l'œuvre parvenue à la blancheur.

TERRE CELESTE . Lune des Sages.

TERRE DAMNEE . Terre inutile, fèces d'une matière qu'on a purifiée. On donne aussi le nom de Terre damnée à ce qui reste au fond du vase après qu'on en a tiré le plus subtil par la distillation ou la sublimation.

TERRE DES FEUILLES . Hermès a donné ce nom à la matière de l'œuvre en putréfaction; mais son nom propre, dit Flamel, est le Laton ou

Laton qu'on doit blanchir.

TERRE D 'E SPAGNE . Vitriol.

TERRE DES PHILOSOPHES . C'est leur soufre. TERRE D ' OR . Litharge d'or.

TERRE FECONDE ou TERRE FERTILE . Pierre parvenue au blanc.

TERRE FETIDE . Soufre sublimé. En termes de Science Hermétique, c'est le soufre des Sages en putréfaction.

TERRE FEUILLEE . Simplement dite, signifie la matière au noir.

TERRE FIDELE . Lune des Philosophes. TERRE FIDELE . Argent philosophique. TERRE FRUCTUEUSE . Magistère au blanc. TERRE GLAISE . Gomme des Sages. TERRE GRASSE . Voyez. MATIERE .

TERRE MERCURIELLE . Matière de laquelle les Philosophes extraient leur mercure. Cette terre n'est pas le cinabre naturel ou artificiel; mais cependant, une terre minérale et métallique.

TERRE NOIRE . Voyez POUDRE NOIRE . TERRE POTENTIELLE . Magistère au blanc. TERRE PUANTE . Voyez. TERRE FETIDE . TERRE RESTANTE . Matière de l'œuvre fixée à la couleur blanche.

TERRE ROUGE . Soufre rouge des Sages. Ce nom a été donné au bol armene, et à l'orpiment. TERRE SAINTE . Antimoine vitrifié.

TERRE SAMIENNE . Argent-vif sublimé avec le talc.

TERRE SARRAZINE . Email. Planiscampi. TERRE SOLAIRE . Matière de l'œuvre fixée au rouge, appelée aussi Soleil des Sages, ou mine de l'or. Quelques-uns ont appelé Terre solaire le lapis lazuli.

TERRE SULFUREUSE . Matière des Sages en putréfaction.

TERRE VIERGE . Ce terme se dit du mercure des Sages fixé en terre par la cuisson philosophique, et de la matière de laquelle doit s'extraire ce mercure lui-même, appelé pour cela Eau sèche, qui ne mouille pas les mains, et qui ne s'attache qu'à ce qui est de sa propre nature. Il y a dans le centre de la terre une terre vierge, de laquelle nous faisons notre mercure. Raym. Lulle.

Tersa. Moutarde.

Tête du Corbeau. Matière de l'œuvre en putréfaction.

TETE DU DRAGON . C'est l'esprit mercuriel de la matière, ou la partie volatile qui dissout la fixe; c'est pourquoi les Philosophes ont dit que le Dragon dévore sa queue.

TETE MORTE . Ce sont les fèces qui demeurent au fond de la cucurbite, ou de la retorte, après la distillation ou la sublimation des esprits. TETE ROUGE . Les Philosophes ont dit, que ce qui a les pieds noirs, le corps blanc, et la tête rouge, est le magistère. C'est-à-dire que l'Œuvre commence par la couleur noire, passe ensuite à la blanche, et finit par la rouge. Dans chaque opération le rouge qui marque la perfection du soufre, de la pierre et de l'élixir, a engagé les Philosophes à dire d'Apollon et des autres personnages feints des fables, qui sont les symboles de ce soufre, de cette pierre ou de cet élixir, qu'ils avaient les cheveux roux ou blonds dorés, tels que Pyrrhus, fils d'Achille, etc., ou qu'ils étaient habillés de couleur de pourpre, comme Apollon quand il chanta la victoire de Jupiter sur les Géants. Avicenne a tourné cette énigme de la tête rouge, d'une autre manière. La chose, dit-il, qui a la tête rouge, les yeux noirs et les pieds blancs est le magistère. Quelques Philosophes paraissent avoir voulu expliquer cette tête rouge de la matière même de laquelle on fait le magistère, sur ce que d'autres ont dit qu'il faut extraire le mercure du serviteur rouge, et que l'usage est d'appeler tête le commencement d'une chose; alors il faudrait dire qu'Avicenne n'aurait eu en vue que l'œuvre au blanc.

Téthys. Fille du Ciel et de Vesta sœur de Saturne, femme de Neptune, mère de toutes les Nymphes et des fleuves, suivant Hésiode. D'autres la disent fille du Ciel et de la Terre, et femme de l'Océan. Jupiter ayant été lié et garrotté par les autres Dieux, Téthys, avec l'aide d'Egeon, le remit en liberté. Téthys est l'eau mercurielle des Philosophes, qui délie en dissolvant, et met en liberté en volatilisant le Jupiter des Sages, dont voyez l'article.

Tetrapharmacum. Médicament composé de quatre ingrédients, comme l'onguent

Basilicum.

Tetrobolon. Poids de quatre dragmes.

Teucrium. Plante connue sous le nom de

Chamcedis ou Petit chêne.

Tevos. Matière de l'œuvre poussée au blanc.

Thabritis. Jupiter des Philosophes.

Thalie. Ce nom a été donné à l'une des Grâces, à la Nymphe mère des Dieux Palices, et à une des neuf Muses.

Thamar. Fruit du palmier. Blanchard.

Thaumas. Père d'Iris, messagère de Junon.

Thaut. Voyez Thot.

Théja ou Thea. Mère du Soleil et de la Lune, ne signifie que la matière de laquelle on fait le

soufre blanc ou le soufre rouge des Philosophes. V. LATONE .

Thélesphore. Un des Dieux de la Médecine, fils d'Esculape, et frère de Panacée, de Jaso et d'Higyea. Voyez, Es- CULAPE .

Thelima. Pierre au rouge parfait.

Thelypteris. Fougère.

Themianthus. Or.

Théodamas. Père d'Hylas, fut vaincu par Hercule, qui emmena son fils. V. HYLAS .

Théreniabin. Voyez. TERENIABIN .

Thériaque. (Science Herm.) Quelques Philosophes ont donné ce nom au corps fixe du magistère, par opposition au nom de Venin que d'autres ont donné à ce même corps; parce que s'il n'est pas uni au mercure volatil à l'heure propre de la naissance de l'eau mercurielle, ce corps gâte tout l'œuvre, et que s'il y est joint à propos, il le parfait. Mais le sens le plus usité dans lequel il faut prendre le terme de Thériaque, est que les Philosophes ont ainsi nommé leur magistère parfait, parce qu'il est le remède le plus excellent de la Nature et de l'Art, pour guérir tant les venins que les autres maladies du corps humain et des métaux.

Therion minéral.

Thermanticum. Médicament qui échauffe.

Therme. Bain. Les Philosophes ont donné le nom de Therme à leur eau mercurielle, parce qu'ils disent qu'elle est le bain où se baignent leur Roi et leur Reine.

Thermomètre Philosophique. Chaleur naturelle des mixtes.

Thésée. Fils d'Egée et d'Ethra, eut le bonheur de se préserver du poison que Médée sa belle-mère voulut lui faire prendre. Les Athéniens, obligés par traité fait avec Minos, Roi de Crète, de lui envoyer tous les ans sept jeunes Athéniens pour combattre le Minotaure enfermé dans le labyrinthe, décidaient par le sort quels seraient les sept qu'on enverrait. Le sort tomba sur Thésée. Avant que de partir Egée lui recommanda de mettre des voiles blanches à son retour, en cas qu'il revînt victorieux, au lieu des voiles noires que l'on mettait en partant. Thésée le promit, s'embarqua, et aborda dans l'île de Crète. Il y gagna les bonnes grâces d'Ariadne, fille de Mi-nos. Elle demanda à Dédale le moyen de sortir du labyrinthe, et il lui donna un peloton de fil, qu'elle remit à Thésée. Muni de ce peloton, Thésée entra dans le labyrinthe, combattit le Minotaure et le tua. Il avait défilé son peloton dès l'entrée, et n'eut que la peine de suivre son fil et de refaire son peloton pour en sortir. Ariadne, charmée de le revoir, consentit à partir avec lui, et Thésée l'emmena. Il l'abandonna ensuite dans l'île de Naxo. Voyez. ARIADNE .

Egée voyant approcher le temps du retour du vaisseau qui avait transporté les sept Athéniens à Crète, avait été l'attendre sur le bord de la mer. Thésée avait oublié de changer ses voiles, suivant la promesse qu'il en avait faite à son père. Egée les voyant noires, crut son fils péri, et de désespoir se jeta dans la mer.

Thésée se proposa Hercule pour modèle, et lia une étroite amitié avec ce Héros. Il brava, comme lui, toutes sortes de dangers, et eut part à beaucoup de ses exploits. Il tua d'abord le taureau de Gère dans la plaine de Marathon, défit un sanglier furieux qui ravageait les campagnes, purgea le pays d'une infinité de voleurs et de brigands, fit la guerre aux Amazones, emmena leur Reine Hippolite, qu'il épousa, et en eut un fils du même nom; prit le parti des Lapithes contre les Centaures, et descendit enfin aux Enfers avec Pyrithoûs pour enlever Proserpine. Hercule, son ami, y étant aussi allé pour prendre Cerbère, y trouva Thésée et le ramena dans le séjour des vivants. Quelques-uns mettent Thésée au nombre des Argonautes. Les uns disent qu'il fut tué par Lycomede, d'autres qu'il mourut d'une chute.

Thésée représente le mercure des Philosophes, appelé pour cette raison le bon ami d'Hercule, symbole de l'Artiste. Toutes les expéditions qu'on lui attribue sont les effets du mercure pendant le cours des opérations requises pour la perfection de l'œuvre. Il fallait par conséquent le mettre au nombre des Argonautes, et même des principaux. Il mourut en effet par les mains de Lycomede, et perdit aussi la vie par une chute; mais dans deux circonstances différentes de l'œuvre. La première est celle de la dissolution, appelée Mort, Tombeau, Sépulcre. La seconde est celle de la fixation; parce que la volatilisation étant nommée Vie, la fixation qui marque le repos, est aussi appelée Mort. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 3, chap. 14, § 5 et le liv. 5, chap. 22.

Thesmophore. Surnom de Cérès.

Thespiades. Surnom des Muses.

Thespius. Fils d'Erichteus, Roi d'Athènes, avait cinquante filles, dont Hercule encore enfant jouit en une seule nuit, et en eut cinquante fils. Les Alchymistes entendent par Thespius la matière crue et indigeste des Philosophes, dont cinquante parties, regardées comme ses filles, mêlées dans le vase avec une seule partie de mercure Philosophique préparé, produisent chacune un mâle, c'est-àdire, acquièrent par l'opération du mercure sur elles, une vertu multiplicative capable de perfectionner chacune un égal poids d'autre matière. Ceci regarde la multiplication de la Pierre Philosophale.

Thesprotie. Contrée de l'Epire, que les Mythologues ont quelquefois prise pour les Enfers.

Thétis ou Thétys. Fille de Nérée Dieu marin, et de Doris. Jupiter l'aima passionnément; mais il n'en approcha pas, parce qu'il avait appris que si elle voyait un Dieu, le fils qui en naîtrait serait plus vaillant et plus puissant que son père. Jupiter la maria en conséquence à Pelée, et invita toute la Cour céleste aux noces qui s'en firent. La Discorde seule n'y fut point appelée,. et la ruine de l'Empire Troyen fut une suite de sa vengeance, comme on peut le voir dans les articles de Paris et d'Achille; et plus au long dans le 6e livre des Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.

Thimi Venetiani. Absynthe.

Thion. Soufre des Philosophes au rouge.

Thisma. Filon de mine.

Thita. Magistère des Sages dans sa fixation en couleur de pourpre.

Thoarch. Voyez. THION .

Thoas. Fils d'Ariadne et de Bacchus, devint Roi de l'île de Lemnos, et eut pour fille Hypsiphile. Les femmes de cette île ayant conspiré ensemble pour en faire périr tous les hommes, parce qu'elles s'en voyaient méprisées, Hypsiphile fut la seule qui n'exécuta pas cet affreux projet : elle sauva son père. Voyez HYPSIPHILE , et le second liv., chap. 1 des Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées.

Thon. Médecin Egyptien, dont l'épouse nommée Polydamna, fit présent à Hélène d'un remède entre autres qui avait la propriété de faire oublier toute espèce de chagrin. Homère, Odyssée, liv. 4.

Thot ou Thaut. Dieu des Egyptiens, n'est autre que Mercure, ou Hermès, c'est-à-dire le mercure des Philosophes Hermétiques. Un Philosophe du même nom prit le surnom de Trismégiste, et inventa toutes les Fables Egyptiennes, desquelles furent imitées toutes les anciennes fictions des Grecs. Voyez, HERMES , MERCURE .

Thyeste. Fils de Pélops et d'Hippo-damie, père d'Egisthe, et frère d'Atrée. Voyez ATREE , ORESTE , EGISTHE .

Thyoné. Nom de Sémélé, lorsqu'elle fut mise au nombre des Déesses.

Thyrse. Espèce d'armure que portaient Bacchus et les Bacchantes.

Ticalibar. Ecume de mer. C'est l'écume de la mer rouge, dont parle Flamel, pour indiquer énigmatiquement la matière de l'Œuvre.

Tiercelet. Composition chymique des Charlatans qui se disent savants dans l'Art hermétique, avec laquelle ils dupent ceux qui sont assez crédules pour leur confier leur bourse.

Tifacum, ou tifacoum. Mercure des Philosophes.

Tifarum,                        )

Tifasum,                         ) Soufre Hermétique.

Tifatum.                        )

Tiffarom. Argent-vif.

Tiffatam ou Timpabar. Soufre vif.

Tin. Soufre.

Tincar ou Tinckar. Mercure des Sages cuit et digéré au blanc. Tinckar signifie aussi du borax et du vert-de-gris.

Tingent. Propriété requise à la pierre des Philosophes, ou à leur poudre de projection. Elle doit être tingente, c'est-à-dire propre à donner aux métaux imparfaits la couleur et la teinture fixe et permanente de l'or ou de l'argent, suivant le degré de perfection auquel on l'a poussée.

Tirésias. Devin célèbre, fils d'Evore et de Cariclo. Hésiode raconte que Tirérias avait changé de sexe pour avoir tué un serpent femelle qui venait de s'accoupler sur le Mont Cyllene, ou le Mont de Mercure, parce que ce Dieu y était venu au monde. Le même Auteur ajoute qu'il redevint homme au bout de sept ans, après avoir frappé de sa baguette un serpent mâle qui sortait aussi de l'accouplement. Tirésias devint ensuite aveugle, pour avoir regardé Diane nue dans le bain, d'autres disent parce qu'il avait décidé pour le sentiment de Jupiter contre Junon, qui étaient en différend pour savoir qui de l'homme ou de la femme trouvait plus de plaisir dans le mariage. Jupiter, pour le dédommager de la perte de ses yeux corporels, lui donna la connaissance du présent et de l'avenir.

Tirésias ne signifie autre chose que la matière de l'œuvre changée en eau mercurielle, que les Philosophes appellent leur femelle; ce qui se fait après l'union de deux serpents, tels que ceux du caducée de Mercure. Il faut sept opérations de l'œuvre, pour de cette eau mercurielle faire le soufre appelé mâle; c'est Tirésias qui reprend sa première forme. L'aveuglement qui lui survient pour avoir vu Diane nue dans le bain, est la couleur noire qui survient à la matière en putréfaction dans le second œuvre; car c'est le même aveuglement que celui de Phinée, dont voyez l'article. L'un et l'autre prédisaient l'avenir, parce que la couleur noire est la première couleur et le premier signe démonstratif de l'Œuvre, qui annonce qu'on a bien opéré, qu'on est dans la véritable voie qui conduit à la perfection de l'œuvre, et en prédit l'heureux succès. Il n'était pas possible que Tirésias ne vît Diane nue dans le bain, puisqu'il est lui-même ce bain. Heureux et mille fois heureux, dit un Philosophe, celui qui a vu Diane nue dans le bain; c'est-à-dire, qui est parvenu à donner par la cuisson, la couleur blanche à la matière renfermée dans le vase. Voy. DIANE . Lorsque Homère dit qu'Ulysse invoqua l'ombre de Tirésias, c'est que l'Odyssée n'est qu'une description des erreurs des mauvais Artistes, qui prennent l'ombre pour la réalité, malgré les bonnes instructions que leur donnent les Philosophes dans leurs livres, telles que celles de Circé à Ulysse, aussi lui disait-elle de sacrifier un bélier noir à Tirésias en particulier, et une bonne vache à tous les autres en général. La vache ou le taureau, et le bélier, sont précisément les deux animaux hiéroglyphiques des ingrédients qui doivent composer l'œuvre, et le bélier est en particulier le symbole du mercure, comme le taureau l'était d'Osiris, sous les noms d'Apis et de Sérapis. Il serait trop long de déduire ici toutes ces instructions; il suffira de dire que Circé recommanda particulièrement à Ulysse de ne point aborder dans l'île du Soleil avant que d'avoir descendu aux Enfers, le ténébreux séjour de Pluton, ce qui revient parfaitement à ce que disent les Philosophes, que celui qui ne voit pas la couleur noire survenir la première à la matière dans le vase, doit croire qu'il est dans l'erreur, qu'il a trop poussé le feu, et brûlé les fleurs du compost; ce qui est indiqué plus spécialement par la couleur rouge, livrée du soleil philosophique.

Tirfiat ou Tirsiat. Sel armoniac.

Tisiphone. Une des trois Furies infernales. Voyez FURIES .

Titaia. Voyez TITEE .

Titan. Fils du Ciel et de la Terre, ou de Vesta, et frère aîné de Saturne, céda à celui-ci son droit sur l'Empire, à condition qu'il n'élèverait aucun des enfants mâles que lui donnerait Ops ou Rhée sa sœur et son épouse, afin que la Couronne revînt à ses enfants. Titan ayant appris que Rhée avait soustrait Jupiter à la dent meurtrière de Saturne, il lui déclara la guerre, et le garda en prison jusqu'à ce que Jupiter devenu grand, l'en retira, et défit entièrement Titan et ses fils. Voyez JUPITER , SATURNE , et les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées, liv. 3, ch. 3 et 4.

Titanos. Plâtre brûlé. Titar. Borax.

Titée. Femme d'Uranus ou du Ciel, devint mère des Titans. C'est proprement la terre Philosophique, réduite en boue par la dissolution. Voyez. TERRE .

Tithon. Fils de Laomédon, Roi de Troye, était d'une beauté si parfaite, qu'Aurore en devint amoureuse, l'enleva, et en eut un fils nommé Memnon, qui amena des troupes au secours de Priam, pendant que les Grecs faisaient le siège de la ville de Troye, capitale de son Royaume. Voyez MEMNON .

Tithye. Fils de Jupiter et de la Nymphe Elare, devint un Géant d'une prodigieuse grandeur. Jupiter, pour soustraire sa mère enceinte de lui, aux poursuites de la jalouse Junon, la cacha dans la terre, dans les entrailles de laquelle elle mit au monde Tithye. Elle périt dans l'enfantement, et la Terre prit soin du nouveau né. Devenu grand, il eut la témérité d'attenter à l'honneur de Latone. Apollon et Diane ses enfants vengèrent l'affront qu'il avait voulu faire à leur mère, et le firent mourir à coups de flèches, et précipiter aux Enfers, où il fut con-damné à être sans cesse dévoré par un vautour. La masse de son corps était si énorme, qu'étant couché il couvrait environ neuf arpents de terre.

Tiépoleme. Fils d'Hercule et d'Astioche, se joignit aux Grecs contre les Troyens. Il mena neuf vaisseaux avec lui, et périt de la main de Sarpédon pendant le siège d'Ilium.

Tmeticum. Médicament atténuant.

Tmole. Fils du Dieu Mars et de la Nymphe Théogene, était passionné pour la chasse. Pendant qu'il était dans cet exercice, il aperçut une des. compagnes de Diane, qui se nommait Arriphé. La grande beauté de cette Nymphe fit impression sur le cœur de Tmole; il en devint amoureux, et ne tarda pas à lui faire connaître sa passion. Arriphé, pour ne pas tomber entre les mains de Tmole, prit le parti de se sauver dans le Temple de Diane, où Tmole la suivit, et lui fit violence. Arriphé ne pouvant survivre à cet affront, se donna la mort.

Apollon ayant accepté le défi de Pan, qui croyait mieux jouer de la flûte qu'Apollon de sa lyre, Tmole et Midas furent choisis pour juges : Tmole décida pour Apollon, et Midas adjugea la victoire à Pan. Les Dieux vengèrent ensuite sur Tmole l'insulte faite à Arriphé; ils suscitèrent un taureau, qui enleva Tmole, le jeta sur des pieux, dont les pointes le firent expirer dans les douleurs les plus cuisantes. Il fut enterré sur la montagne qui depuis porta son nom. De cette montagne sortait le fleuve Pactole, dont les eaux roulaient des paillettes d'or, depuis que Midas, en s'y baignant, y laissa la funeste propriété qu'il avait reçue de Bacchus, de changer en or tout ce qu'il toucherait. Voyez les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées, liv. 2, ch. 5 et Liv. 3, ch. 12.

Toison d'Or. La Fable raconte que Jason avec les Argonautes s'exposèrent à une infinité de dangers, pour se mettre en possession d'une Toison d'or que Phrixus consacra à Mercure, et qu'il suspendit dans la forêt de Mars, près de la ville de Colchos, où Aères, fils du Soleil, régnait. Médée, fille de ce Roi, favorisa Jason dans son entreprise, et lui enseigna les moyens de surmonter tous les obstacles qui s'opposaient à l'exécution de son dessein. Comme toute cette Fable est expliquée très au long dans le chapitre premier du second Livre des Fables Egypt. et Grecques dévoilées, j'y renvoie le Lecteur. Je dirai seulement que cette toison est le symbole de la matière du Grand Œuvre; les travaux de Jason sont une allégorie des opérations et des signes requis pour arriver à sa perfection, et que la Toison d'or conquise est la poudre de projection, et la médecine universelle, de laquelle Médée fit usage pour rajeunir Eson, père de Jason, son amant.

Tombeau. Les Philosophes ont souvent employé les tombeaux pour former des allégories sur la putréfaction de la matière de l'œuvre. Ils ont dit en conséquence, qu'il fallait prendre la terre des tombeaux, qu'il faut mettre le Roi au tombeau, pour le réduire en cendres, et le faire ressusciter. Flamel et Basile Valentin y ont fait allusion plus d'une fois Ils ont aussi pris le tombeau pour le vase. Voyez SEPULCRE .

Topaze. Pierre précieuse de couleur jaune doré; ce qui a fait donner le nom de topaze à la matière de l'Œuvre Hermétique parvenue à la couleur safranée.

Tophus. Matière gypseuse et blanche, ressemblant à la chaux éteinte, et qui se forme particulièrement dans les jointures des os du corps de ceux qui sont sujets à de violentes attaques de goutte.

Topique. Médicament appliqué sur la peau, tel que les emplâtres.

Tordylîum. Seseli de Crète.

Tori. Loupe, excroissance contre nature, qui survient aux plantes et aux arbres.

Torréfaction. Voyez DIGESTION .

Tortue. Les Philosophes Hermétiques ont employé la tortue pour symbole de la matière de l'Art, parce qu'elle est cachée sous une écaille fort dure, dont il faut la tirer pour en faire usage. Un d'entre eux a fait représenter Basile Valentin faisant une sauce avec du jus de raisin sur une tortue, pour signifier la manière d'extraire le mercure des Sages de sa mine, et leur grain aurifique qui doit animer ce mercure. C'est pour cela que la Fable attribue à ce Dieu ailé l'invention de l'instrument de Musique appelé Tortue. La manière dont Mercure s'y prit, l'endroit où il trouva cet animal, et les choses qu'il y employa, sont très remarquables. Mercure, dit Homère (Hymne en l'honneur de ce Dieu) Mercure cherchait les bœufs d'Apollon; en passant sur le bord escarpé d'un antre, il y trouva une tortue, qui lui procura des richesses infinies. Elle mangeait de l'herbe, et marchait très lentement. Mercure, ce fils très utile de Jupiter, ne put contenir sa joie en la voyant, et dit : je me garderai bien de mépriser un signe, un symbole si utile pour moi. Je te salue, aimable nature, tu es pour moi d'un si heureux présage. Comment, étant de la race des coquillages, vis-tu sur ces montagnes ? Je te porterai chez moi, et tu m'y seras très nécessaire. Il vaut mieux que je fasse quelque chose de bon de toi, que si tu restais dehors pour nuire à quelqu'un, car tu es par toi-même un poison très dangereux pendant que tu vis, et tu deviendras quelque chose de bon après ta mort.

Mercure emporta donc la tortue chez lui; et après l'avoir fait périr par le fer, il chercha dans son esprit comment il la mettrait en usage, puisque avec elle il devait avoir des richesses infinies. Il couvrit l'écaillé avec du cuir de bœuf, après avoir étendu et attaché la peau de la tortue avec des roseaux; il y ajusta sept cordes faites de boyaux de brebis. Il trouva ensuite le moyen de voler les bœufs des Dieux, et les emmena en les faisant marcher à reculons, afin qu'on ne pût savoir le chemin qu'il avait pris.

Le mal que Mercure dit de la tortue avant qu'elle soit morte et préparée, et l'utilité dont elle doit être après sa préparation, s'accordent très bien avec ce que disent les Philosophes de leur matière. Elle est un des grands poisons avant sa préparation, et le plus excellent remède après qu'elle est préparée, dit Morien. Avec elle Mercure se procura des richesses infinies, telles que sont celles que donne la Pierre Philosophais. Le cuir de bœuf et les intestins de brebis ne sont-ils pas les matières desquelles se tire le mercure des Philosophes, puisque le Cosmopolite dit qu'il se tire des rayons du Soleil et de la Lune, au moyen de l'aimant des Sages, qui se trouve dans le ventre d'Aries. Avec ce mercure il est aisé de voler les bœufs du Soleil. Plusieurs Philosophes orientaux disaient que la tortue portait le signe caractéristique de Saturne; et si peu qu'on ait lu les livres des Chymistes Hermétiques, il n'est point de Lecteur qui n'en conclue qu'il faut prendre une matière de race de Saturne, pour première matière de l'œuvre.

Toruscula. Résine. Tosarthrus. Voyez

ESCULAPE .

Tour. Quelques Philosophes ont donné le nom de Tour à leur fourneau. La Fable dit que Danaé fut enfermée par son père Acrise dans une tour d'airain, pour la soustraire aux poursuites de ceux qui la rechercheraient en mariage parce qu'il avait appris de l'Oracle que l'enfant qui naîtrait de sa fille, le ferait périr. Jupiter se changea en pluie d'or, et s'étant glissé par le toit dans la tour, obtint les faveurs de Danaé, qui en conçut Persée. Voyez DANAE .

TOUR DIAPHANE . Vase de verre dans lequel on renferme la matière pour faire l'œuvre.

Tourner en rond. C'est faire circuler la matière dans le vase.

Toutes choses. Nom que Basile Valentin a donné à l'œuvre de la pierre des Sages. Elle apporte, dit-il, aux hommes divins toute sagesse et tout bonheur, et de son propre nom on l'appelle Toutes choses. Or celui qui sera curieux de savoir ce que c'est que toutes choses dans toutes choses, qu'il fasse à la terre de grandes ailes, et la presse tellement qu'elle monte en haut, et vole par dessus toutes les montagnes, jusqu'au firmament, et alors qu'il lui coupe les ailes à force de feu, afin qu'elle tombe dans la mer rouge, et s'y noie. Ensuite qu'il fasse calciner la mer, et dessèche ses eaux par feu et par air, afin que la terre renaisse; alors en vérité il aura toutes choses dans toutes choses.

Toxicum. Poison, venin. C'est un des noms donnés à la matière du Grand Œuvre, parce qu'en effet elle est un poison très dangereux avant sa préparation, et devient un remède à tous les maux après qu'elle est préparée. Ils ont aussi appelé toxicum leur eau mercurielle, parce qu'elle dissout les métaux Philosophiques, et les réduit à leur première matière, ce qu'ils appellent tuer, mettre au tombeau.

Trachilium. Gantelée.

Trachsar. Métal encore dans sa mine.

Tragium. Fraxinelle.

Tragoceros. Aloès.

Transmutation. (Phys.) Changement ou altération de la forme d'un corps, de manière qu'elle ne ressemble plus à celle qu'il avait auparavant, et qu'il ait acquis une autre manière d'être tant intérieure qu'extérieure : une autre couleur, une autre vertu, une autre propriété, comme lorsque le métal est devenu verre par la force du feu; le bois, charbon; l'argile, brique; la peau, colle; le linge, papier, etc. Toute transmutation se fait par degrés; on en compte communément sept, et les autres que les Chymistes y ont ajoutées, se réduisent à ces sept, qui sont la calcination, sublimation, solution, putréfaction, distillation, coagulation et teinture. Paracelse. Ceux qui nient la transmutation métallique, et qui la regardent même comme impossible, sont ou de mauvais Physiciens, ou ne font guère attention à ce que la nature opère à chaque instant sous leurs yeux, et dans eux-mêmes. La nature trouvera-t-elle donc plus d'impossibilité à faire de l'argent ou de l'or avec une matière qui était auparavant plomb ou mercure, qu'elle en trouvera à former le froment, une rosé, un fruit, avec une matière, qui auparavant était foin, herbe, ou simplement eau de pluie ? ou à former des os, des muscles, des nerfs dans un animal, avec une matière qui, avant d'être telle, avait été froment, raisin, herbe ou autre aliment ?

La transmutation métallique souffre bien moins de difficultés. Les parties des métaux, quels qu'ils soient, sont bien plus homogènes entre elles, que ne le sont celles des animaux avec celles des végétaux. Les principes constituants des métaux étant les mêmes dans tous, il ne s'agit, pour faire de l'or avec du plomb, que de lier les parties principes du plomb avec le même lien qui unit celles de l'or, en séparant les impures. Ce lien existe; la nature aidée de l'Art le manifeste, et l'on ne doit pas juger que la transmutation des métaux imparfaits en or est impossible ou ignorée, parce que de faux Chymistes ne font que des transmutations sophistiques. La Métempsycose des anciens Philosophes n'était autre que les transmutations de la nature, prises dans leur vrai sens physique.

Transudation. Terme de Chymie, qui se dit des eaux ou esprits, quand dans la distillation Us tombent gouttes à gouttes dans le récipient. Les Philosophes y ont fait allusion, en employant ce terme pour exprimer les vapeurs qui s'élèvent de la matière au haut du vase, et retombent en gouttes sur la terre qui est au fond. Voyez ROSEE .

Transverse. Qui ne va pas droit. Quelques Chymistes Hermétiques ont employé ce terme dans ce sens-là, lorsqu'ils ont dit que les mauvais Artistes, qu'ils appellent trompeurs, sophistiqueurs, ne sont pas dans la vraie voie des Sages; que les leurs sont transverses, c'està-dire erronées, et ils expriment ainsi pour marquer la différence de celle qu'ils suivent dans les opérations de l'œuvre, et qu'ils) appellent pour cela linéaire, droite.

Traumatica. Vulnéraires.

Treizième. Soufre des Sages au rouge.

Trépied. Cercle posé sur trois pieds pour soutenir quelque vase. Les Philosophes Hermétiques disent qu'il faut poser sur un trépied le vase qui contient la matière de l'œuvre, afin qu'il soit à une distance de la chaleur et de la flamme, suffisante pour la ressentir sans en être frappé. On prend communément ces expressions dans le sens littéral; mais a-t-on raison? ne serait ce pas une allégorie prise des trois principes qui composent la matière de l'Œuvre, comme de trois pieds, sur lesquels ces trois principes réduits en un seul tout, forment le cercle qui y est appuyé ? On a droit de le conclure, de ce que plusieurs Philosophes appellent ce trépied, notre trépied, trépied mystérieux. Un d'entre eux semble même vouloir l'expliquer, lorsqu'il dit : nos trois principes, soufre, sel et mercure, sont la base de notre œuvre, sur laquelle elle est appuyée comme sur un trépied.

Jason, avant de partir pour la conquête de la Toison d'or, se munit d'un trépied, dont il fit présent à un Triton qui apparut à lui lorsqu'il se trouva engagé dans le Lac Tritonide. Ce Triton déposa le trépied dans un temple. J'ai expliqué ce que pouvait être ce trépied dans le chap. premier du second livre des Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées.

Il est à propos de remarquer ici que l'on voyait peu de temples où i) n'y eût un trépied, surtout dans ceux d'Apollon. Les Mythologues n'en voyant pas précisément l'usage, ont eu raison de ne pas, les mettre au nombre des instruments dont on se servait dans les sacrifices. Ils se sont contentés de dire qu'ils servaient sans doute quelquefois à soutenir des vases sacrés. Il y avait même des trépieds votifs, que des Princes ou des particuliers consacraient dans les temples d'Apollon. Hérodote parle dans son livre 9. d'un trépied d'or, que les Grecs victorieux des Perses envoyèrent à Delphes : « Avant que de faire le partage des dépouilles des ennemis, dit cet Auteur, les Grecs séquestrèrent l'argent et l'or, en prirent un dixième pour le Dieu qu'on révérait à Delphes, et ils en firent un trépied d'or, qu'ils lui consacrèrent, et qu'on voit encore sur un serpent d'airain à trois têtes. » II paraît, par ces dernières paroles, que ce trépied d'or était soutenu sur une autre espèce de trépied, formé par ces trois têtes de serpent. Pausanias dit aussi (in Phoc.) que ce même trépied était soutenu par un dragon d'airain. Pouvait-on mieux indiquer les trois principes qui sont la base de l'or, ou de l'Apollon Philosophique, à qui on les consacrait ?

On trouve une quantité de ces trépieds antiques dans les cabinets des Curieux; on en voit de toutes sortes de figures, et même d'assez singuliers; la plupart sont d'airain ou de bronze. L'affectation de donner aux pieds la forme de serpents, semble faire une allusion plus particulièrement indicative des principes de l'Œuvre, auxquels les Philosophes donnent pour l'ordinaire les noms de serpents et de dragons. Comme les Dieux d'Homère étaient des Dieux Hermétiques, il n'est pas surprenant qu'il parle de trépieds qui allaient tout seuls à l'assemblée des Dieux; aussi étaient-ils l'ouvrage de Vulcain.

Trésor Incomparable. C'est la poudre de projection, source de tous biens, puisqu'elle procure des richesses infinies, et une vie longue sans infirmités, pour en jouir. Quelques Philosophes ont appelé le magistère au blanc trésor incomparable, de même que le soufre parfait au rouge. Le pf6mier, parce que l'Artiste qui a pu parvenir à pousser l'œuvre au blanc, ne peut plus se tromper, et qu'il est assuré de réussir. Blanchissez le laton, et déchirez, vos livres, disent les Adeptes, afin que vos cœurs ne soient plus tyrannisés par des inquiétudes et des chagrins. D'Espagnet dit que celui qui a trouvé le soufre rouge, leur minière de feu céleste, a en sa possession un trésor inestimable, qu'il doit conserver bien précieusement.

Triangle philosophique. C'est la matière de l'œuvre pendant le cours des opérations de l'élixir. Elle est nommée Triangle, parce qu'elle est composée de trois principes, sel, soufre et mercure, qui ne font qu'une seule matière et un seul corps homogène, comme les trois angles d'un triangle ne font qu'une figure. Les Sages disent que ce triangle est triple. Lei premier est celui qui est composé des trois principes susdits; le second l'est d'une âme, qui est le soufre d'un esprit, ou le mercure, et d'un corps, qui est le sel. Le troisième est fait du soleil, de la lune et du mercure des Sages. Ce triangle travaillé et préparé philosophiquement, forme le cercle ou l'or des Sages, dont le caractère est le cercle. C'est pourquoi les Chymistes Hermétiques disent que le Grand Œuvre est la quadrature du cercle.

Tricalilîbar. Ecume de la mer, ou matière de la pierre des Philosophes.

Triceps. Surnom de Mercure. Les Poètes l'ont nommé Mercure à trois têtes, parce qu'ils parlaient d'après les Philosophes Hermétiques, qui disent que Mercure est composé de trois principes, soufre, sel et mercure; ce qui forme le mercure des Sages.

Triceum. Miel sauvage ou d'automne.

Tricor. Or.

Trident. Les Mythologues ont été fort embarrassés pour trouver la raison qui a fait donner le trident à Neptune. Les uns ont dit que comme il était le Dieu des eaux, c'était pour distinguer celles de la mes, l'eau douée, et celle des étangs, qui participe des deux autres. M. l'Abbé Banier, pour trancher court, a mieux aimé dire simplement que le trident était le sceptre de la plupart des Rois. S'ils avaient fait attention que la Fable dit que Mercure encore enfant vola le trident de Neptune, les premiers auraient très mal rencontré dans leur explication, et le second Mercure ne naquit ni ne fut élevé dans les Etats que M. l'Abbé Banier assigne à Neptune. Les Philosophes Hermétiques disent que ce trident est le symbole des trois principes de l'œuvre, qui se trouvent réunis dans le mercure des Sages dès sa naissance même. C'est pour la même raison que la Fable dit aussi que ce petit Dieu ailé et voleur déroba les outils de Vulcain, les flèches d'Apollon, et la ceinture de Venus. Voyez les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées, liv. 3, ch. 7 et ch. 14, § 1.

Trions. Poids de quatre onces.

Triéterides. Fêtes en l'honneur de Bacchus. Voyez les Fables Egyptiennes et Grecques, liv. 4, chap. 1.

Trigias. Tartre, fèces du vin.

Triobolam. Poids d'une demi-dragme.

Tripater. Matière des Sages, composée de trois principes.

Tripolium. Espargoute de mer.

Triptolême. Fils d'Eleusis, naquit précisément dans le temps que son père reçut chez lui Cérès qui cherchait sa fille Proserpine enlevée par Pluton. Elle s'offrit pour être sa nourrice; Eleusis l'accepta, Cérès le nourrissait d'ambroisie pendant le jour, et le cachait sous le feu pendant la nuit, sans que le père en eut connaissance. Eleusis, voyant que son fils faisait des progrès surprenants, voulut en découvrir la cause; il épia Cérès, et la prit sur le fait. Cette Déesse irritée fit mourir le père; et après avoir instruit Triptolême de tout es qui concerne l'art de l'Agriculture, elle le fit monter sur un char attelé de deux dragons, et l'envoya par toute la terre apprendre l'art de la cultiver à ses habitants. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 4, ch; 2.

Trismégiste. Surnom de Mercure ou d'Hermès, qui signifie trois fois grand; parce qu'il fut grand Philosophe, grand Prêtre, et grand Roi, disent les Historiens et les Mythologues; mais bien plutôt, comme il le dit lui-même dans sa Table d'émeraude, parce qu'il avait les trois parties de la sagesse ou Philosophie du monde universel. Voyez HERMES .

Triton. Dieu marin, fils de Neptune et d'Amphitrite, ou de la Nymphe Salacie, ou enfin, selon d'autres, d'Océan et de Téthis. Les Poètes ont feint qu'il accompagnait toujours Neptune, avec une espèce de trompette formée d'une conque marine. Il était aussi de la suite de Vénus quand elle naquit de l'écume de la mer, et qu'elle fut portée dans l'île où elle fut dans la suite si révérée. C'est à Triton que Jason fit présent d'un trépied d'airain, pour que ce Dieu marin lui indiquât les moyens de se débarrasser du Lac Tritonide, dans lequel il s'était engagé. Voyez les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées, liv. 2, ch; 1.

Trituration. Action par laquelle on réduit un corps en poudre.

TRITURATION . (Science herm.) Lorsque les Philosophes disent qu'il faut triturer les corps, ils n'entendent pas d'une trituration faite dans un, mortier ou sur le marbre, mais d'une dissolution des parties de la matière du magistère, qui se fait d'elle-même dans le vase, avec l'aide du feu, et par la putréfaction. Voyez-en la raison dans l'article composé.

Triturer. Voyez BROYER .

Troïle. Fils de Priam. Une des fatalités de Troye était que cette ville ne serait point prise tant que Troue serait en vie. Il eut la témérité de se mesurer avec Achille, qui le mit à mort. Voyez les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées, liv. 6, ch. 5, Fatalité 6.

Troisième. Soufre des Philosophes digéré et cuit jusqu'à la couleur rouge. On le nomme troisième, parce que le rouge est la troisième des couleurs principales que prend la matière de l'œuvre pendant le cours des opérations.

Tronus et Tronosia. Noms que quelques Naturalistes ont donné à une espèce de manne qui se trouve au printemps et en été sur les feuilles des arbres. Elle est Manche, douée, gluante, et de bonne odeur; les feuilles du rosier blanc en sont quelquefois toutes couvertes.

Tros. Roi de Troye, fils d'Erichto-nius, eut pour fils Ilus, Ganimede et Assaracus. Tros donna son nom à la ville de Troye, qui s'appelait auparavant Dardanie, du nom de son fondateur Dardanus. Voyez le livre 6 des Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées.

Troye. Ville célèbre de la Phrygie, fondée par Dardanus, et bâtie par Apollon, Vulcain et Neptune, du temps de Laomédon. Priam qui succéda à Laomédon, eut un fils nommé Paris, qui ayant été établi par les Dieux arbitre du différend survenu entre Junon, Minerve et Vénus, à l'occasion de la pomme d'or jetée par la Discorde sur la table du festin des noces de Pelée et de Thétis, adjugea cette pomme à Vénus, et encourut par-là la disgrâce des deux autres Déesses. Vénus, pour récompense, lui procura la belle Hélène, femme de Ménelas, que Paris enleva. Ce rapt fut la cause de la guerre que les Grecs firent à Priam, et du siège célèbre que la ville de Troye soutint pendant près de dix ans avant que de se rendre. Ce siège est une allégorie] toute pure des opérations de l'Œuvre Hermétique, comme on peut le voir par les explications que nous en avons données dans le livre sixième des Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées. Basile Valentin s'est servi de la même allégorie dans son Traité du vitriol; il y parle d'Hector, d'Achille, etc.

Trunoibin. Manne. Tuberosa. Hyacinthe orientale.

Tuer. A deux significations chez les Philosophes hermétiques; il se prend pour dissoudre, et faire tomber en putréfaction. C'est ainsi qu'Hercule' et Thésée tuaient les prétendus monstres et les brigands de la Fable. On l'entend aussi de la fixation du volatil, parce que tuer, lier et fixer, sont une même chose. Flamel a employé le terme tuer dans ces deux sens, lorsqu'il a supposé deux dragons, l'un ailé, c'est-à-dire la partie volatile, et l'autre sans aile, ou le fixe, qui se tuent mutuellement. Le volatil commence par dissoudre le fixe, et le fixe à son tour tue le volatil, en le fixant avec lui.

Tumbaba. Soufre vif. Tumbil. Terre.

Turbith Minéral. Est une précipitation jaune de Mercure.

Turiones. Pousse nouvelle des. arbres.

Turrita, Turritis. Espèce de cresson.

Blanchard.

Tursies. Sel armoniac.

Tusiasi. Soufre vif.

Tydée. Père de Diomede, et fils d'Œnée, mourut à Thèbes. Voyez DIOMEDE .

Typha. Roseau, masse de jonc.

Typhon ou Typhœe. Etait fils) du Tartare et de la Terre, selon Hésiode, et de Junon seule, suivant Homère. Cette Déesse, dit ce dernier, indignée de ce que Jupiter avait enfanté Mi-nerve sans connaître de femme, assembla les Dieux, et leur en témoigna son chagrin. Elle frappa ensuite la terre de sa main; et ayant ramassé les vapeurs dangereuses et nuisibles qui s'en élevèrent, elle donna l'existence, à Typhon. Sa taille était si démesurée, que d'une main il touchait l'Orient, et de l'autre l'Occident; ses pieds étant appuyés sur la terre, sa tête touchait aux étoiles, ses yeux étaient des charbons ardents, et il vomissait des flammes par la bouche et les narines; son corps était couvert de plumes entremêlées de serpents, et ses pieds avaient la forme de la queue d'un dragon. Il se joignit aux autres Géants, pour combattre et détrôner les Dieux, et leur imprima une telle terreur, qu'ils prirent le parti de s'enfuir en Egypte, où, pour éviter de tomber entre ses mains, ils lui donnèrent le change, en prenant chacun la forme d'un animal. Mais enfin Apollon lui décocha un si grand nombre de flèches, qu'après avoir épuisé toutes celles de son carquois, il vint à bout de lui ôter la vie. Ce Typhon est le même que Python.

En Egypte on disait que Typhon était frère d'Osiris, qu'au retour du voyage que celui-ci fit dans les Indes, Typhon lui tendit des embûches, et le massacra; qu'Isis ramassa les membres épars de son époux, et qu'avec l'aide d'Horus leur fils, elle vengea sa mort par celle de Typhon, et régna en paix. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 1, chap. 3 et 6; liv. 3, chap. 12.

Tyriaque. Voyez THERIAQUE .

Tyrienne (couleur). C'est la couleur de pourpre, ainsi appelée de ce que le coquillage avec lequel on la faisait autrefois, se péchait près de Tyr, ville très ancienne de la Phénicie. Les Adeptes appellent le magistère au rouge,

Couleur Tyrienne.

Tyro. Fille de Salmonée, eut deux enfants de Neptune, l'un nommé Pélias, l'autre Nélée, dont voyez les articles.