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Labos balsamum. Eau dans laquelle on a éteint un métal.

Labrum Veneris. Chardon à Bonnetier.

Labrum ou Labium. Vase dans lequel on met l'eau pour distiller au bain-marie.

Labyrinthe. On entend par labyrinthe, une espèce d’édifice rempli de chambres et d’avenues, disposées de maniere que l’on entre de l’une dans l’autre, sans pouvoir retrouver la sortie. Les Auteurs font mention de quatre principaux. Le premier et le plus célèbre se voyait en Egypte, dans le district de la ville appelée par quelques-uns Héracléopolis; on le regardait comme une des merveilles du monde, et Pline (liv. 36, ch. 16) l’appelle Potentissimum humani opus.
Hérodote dit qu’un nombre de Rois d’Egypte y avaient fait travailler successivement avec des frais immenses. On prétend que Dédale le prit pour modèle du labyrinthe qu’il fit construire dans l’isle de Crète, et qui devint si célèbre par la fable du Minotaure. Le troisième fut fait dans l’isle de Lemnos; on y voyait 150 colonnes de marbre. Porsenna fit bâtir le quatrième en Italie dans le lieu où il fut inhumé. Pline fait la description de ces quatre labyrinthes dans le livre que j’ai cité ci-devant.
La Philosophie Hermétique qui imagina la fable de Thésée et du Minotaure, prit occasion du labyrinthe de Crète pour embellir cette fiction, et indiquer en même temps les difficultés qui se présentent dans les opérations du grand œuvre, par celles qu’il y avait à se tirer du labyrinthe quand on s’y était engagé. Il ne faut pas moins que le fil d'Ariadne, fourni par Dédale même, pour y réussir; c’est-à-dire qu’il faut être conduit et dirige par un Philosophe qui ait fait l’œuvre lui-même. C’est ce que Mo rien nous assure dans son Entretien avec le Roi Calid. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, chapitre de Thésée.

Lac. Les Philosophes ont souvent donné ce nom à leur vase et au mercure qui y est renfermé; parce que c’est une eau qui n’a point d’issue, comme celle d’un lac qui communément n’a point de communication qu’avec les rivières qui s’y jettent. Mais ordinairement les Philosophes ont ajouté des épithètes au terme de Lac, afin de désigner les changements qu’éprouve leur eau mercurielle pendant le cours des opérations. Ils l’ont nommé Lac bouillant, lorsque cette eau mercurielle est animée par le soufre philosophique; Lac plein d’eau croupie, pour indiquer le temps de la putréfaction; et Lac desséché, dans le temps que leur eau mercurielle est changée en terre Luc puant signifie la même chose que la dissolution de la matière, qui n’est parfaite que lorsque cette matière est absolument putréfiée; c’est le menstrue puant.

Lachanum. Herbages, légumes.

Lachésis. L’une des Parques, fiile de Jupiter et de Thémis, ou de la Nuit et de 1’Erebe. Voyez ENFER.
Lacinias. Filtre de laine. Planiscampi.
Lacune. Terre sigillée. On dit aussi Latuné.

Lait. (SC. Herm.) Eau mercurielle des Philosophes. Quelques Chymistes se sont imaginé que ce nom de lait avait été donné au mercure à cause de sa ressemblance en fluidité et en blancheur avec le lait vulgaire, et ont cm avoir trouvé cette eau mercurielle dans l’eau blanche du mercure vulgaire travaillé chymiquement ; mais Zachaire les désabuse, en assurant que ce nom ne lui a été donné que parce que le mercure des Philosophes se caille et se coagule au moyen du corps fixe, qu’il nomme Coagule pour cette raison.
LAIT VIRGINAL. (SC. Herm.) C’est le mercure des Sages, sous la forme d’eau laiteuse dans la voie humide. Quelques-uns lui ont donné ce nom dans la voie seche, lorsqu’il est cuit au blanc.
LAIT DE LA VIERGE ou LAIT DES
PHILOSOPHES. C’est la même chose que lait virginal. Lorsque les Sages disent qu’il faut nourrir la pierre de son lait, cela doit s’entendre dans deux sens différens, ou du feu externe qu’il faut entretenir pour pousser la pierre à sa perfection, ou du mercure même dont elle est composée; et dans ce dernier sens, il s’agit de la multiplication ou de la confection de l’élixir.
Voyez ELIXIR, MULTIPLICATION , FEU.
Cuire le lait, c’est-à-dire cuire le mercure des Sages, autrement la pierre au blanc, pour la pousser au rouge.
Lu pierre se nourrit de son lait, c’est-à-dire de son eau ou sperme dont elle a été faite, qui n’est autre que le mercure Hermétique.

LAIT DE LA LUNE. Rescemberg a donné ce nom à espèce d’agaric qui naît sur les rochers.

Lamac, Gomme arabique.

Lamare. Soufre.

Lamati. Gomme arabique. Johnson.

Lameré Soufre vif.

Lamies. Monstres que la Fable nous a peints ayant la tête semblable à celle d’une très-belle femme, et le reste du corps comme celui d’un serpent. On feignait qu’ils dévoraient les enfans. Ils ne signifient autre chose que l’eau mercurielle appelée femme avant la putréfaction, qui lui fait donner le nom de serpent pendant ce temps-là. Leur cruauté indique la dissolution.

Lampacos.}
                  }  China.
Lampatan.}

Lampe. (SC. Herm.) Lorsque les Philosophes parlent du feu de lampe comme de leur feu, il ne faut pas les entendre d’un feu de lampe avec l’huile ou l’esprit de vin; leur feu de lampe est celui de leur matière Voyez Artephius, sur les Feux.

Lunaria. Plante appelée Savonaria en latin, et Savoniere en français.

Lance. Terme de science Hermétique, qui signifie le feu dont les Artistes se servent pour l’ouvrage de la pierre des Sages. La hache qui servit pour fendre la tête à Jupiter, et le faire ainsi accoucher de Pallas, l’épée de Jason, la massue d’Hercule, les flèches d’Apollon, etc. signifient la même chose.

Langage. (SC. Herm.) Les Philosophes n’expriment point le vrai sens de leurs pensées en langage vulgaire, et il ne faut pas les interpréter suivant les idées que présentent les termes en usage pour exprimer les choses communes. Le sens que présente la lettre n’est pas le leur. Ils parlent par énigmes, métaphores, allégories, fables, similitudes, et chaque Philosophe les tourne suivant la maniere dont il est affecté. Un Adepte Chymiste explique ses opérations philosophiques en termes pris des opérations de la Chymie vulgaire; il parle de distillations, sublimations, calcinations, circulations, etc.; des fourneaux, des vases, des feux en usage parmi les Chymistes, comme ont fait Geber, Paracelse, etc. Un homme de guerre parle de sièges, de batailles, comme Zachaire. Un homme d’Église parle en termes de morale, comme Basile Valentin dans son Azoth. Ils ont en un mot parlé si obscurément, en des termes si différens, et en des styles si variés, qu’il faut être au fait pour les entendre, et qu’un Philosophe serait très-souvent embarrassé pour en expliquer totalement un autre. Les uns ont varié les noms, changé les opérations; les autres ont commencé leurs livres par le milieu des opérations, les autres par la fin; quelques-uns ont entremêlé des sophistications; celui-là a omis quelque chose, celui-ci a ajoute du superflu. L’un dit prenez telle chose, l’autre dit qu’il ne faut pas prendre cette même chose. Rupescissa soutient que le vitriol Romain est la vraie matière des Philosophes; et ceux qui reconnaissent Rupescissa pour Adepte, vous recommandent de ne point prendre le vitriol Romain ni tout autre. Nous allons expliquer tout cela par des exemples.
Merlin et Denis Zachaire exposent l’œuvre sous l’allégorie d’un Roi qui arme contre ses ennemis, le premier pour combattre, le second pour soutenir un siège. Merlin dit que le Roi, avant de monter à cheval, demanda à boire de l’eau qu’il aimait beaucoup; qu’il en but tant, qu’il en fut incommodé jusqu’à la mort, et qu’une médecine l’ayant ressuscité, il monta à cheval, combattit ses ennemis et les vainquit. Cette eau n’est autre que le mercure des Philosophes, que leur or, appelé Roi, boit avec ardeur; parce qu’ils sont de même nature, et que, comme disent les Philosophes, nature aime nature, nature se réjouit en sa nature; et selon le proverbe vulgaire, chaque chose aime son semblable. Le mercure philosophique est une eau dissolvante; la dissolution est une espèce de mort, puisqu’elle ne se fait parfaitement que dans la putréfaction; voilà la mort du Roi. Ce Roi ressuscite, parce que la putréfaction est le principe de la génération, corruptio unius est generatio alterius. Ce qui se prouve par beaucoup de textes d’autres Philosophes.
Bassens, dans la Tourbe, dit : Mettez le Roi dans le bain, afin qu’il surmonte nature. Cette eau est la fontaine du Trévisan, où le Roi entre seul, et où il se baigne pour se purifier; il y meurt, et y ressuscite; car la même eau tue et vivifie. Les Philosophes ont même donné le nom de vie et de résurrection à la couleur blanche qui succède à la noire, et ils ont appelé mort cette dernière.
Denis Zachaire s’est expliqué allégoriquement plus au long; dans le siège de ville qu’il suppose, il parle de la matière sous le nom de celui qui soutient le siège, et de ceux qui le font, et donne une idée des couleurs qui surviennent à cette matière successivement, en indiquant les couleurs des étendards et des drapeaux des uns et des autres.
D’autres se sont expliqués paraboliquement. Le Roi Artus, par exemple, dit dans la Tourbe : Une grande Trésorière tomba malade de diverses maladies; pâles-couleurs, hydropisie, paralysie. Elle était extrêmement jaune depuis le haut de la tête jusqu’à la poitrine; depuis la poitrine jusqu’aux cuisses elle était blanche et enflée, et paralytique jusqu’en bas. Elle dit à son Médecin de lui chercher sur une montagne la plus haute de toutes, deux plantes d’une propriété et d’une vertu supérieure à toutes les autres plantes. Il lui en apporta, elle s’en ceignit, et se trouva dès le moment guérie de toutes ses infirmités. Elle reconnut ce service de son Médecin par des richesses infinies.

Hermès, ou quelqu’un sous son nom, a parlé de l’œuvre en style problématique, et a dit : J’ai considéré le rare et admirable oiseau des Philosophes, qui vole perpétuellement au signe d’Ariès. Si on le divise, si on le dissout en beaucoup de parties, quoique petit, et que son obscurité soit dominante, il te demeurera, comme étant de tempérament et de complexion terrestre. Lorsqu’il se manifeste sous diverses couleurs, il est appelé airain, plomb, etc. Étant ensuite brûlé à un feu violent au nombre moindre quatre jours, au moyen sept, et au plus grand dix, on le nomme terre d’argent; elle est en effet d’une grande blancheur et s’appelle air, gomme d’or et soufre. Prends une partie d’air, et la mets avec trois parties de l’or apparent; le tout mis au bain au nombre moindre vingt jours, au moyen trente, au plus grand quarante, te donnera ton airain, vrai feu des Teinturiers, réconciliant les Pékins, appelé feu d’or, etc. Cet excellent soufre doit être gardé soigneusement, car il sert à beaucoup de choses.
Aristée s’explique en style typique, lorsqu’il dit : En nous promenant sur les bords de la mer, nous vîmes que les habitants de ces côtes couchaient ensemble, et n’engendraient pas; ils plantaient des arbres et semaient des plantes qui ne fructifiaient pas. Nous leur dîmes alors, s’il y avait un Philosophe parmi vous, vos enfans engendreraient et multiplieraient, vos arbres fructifieraient et ne mourraient pas, vos fruits se conserveraient, et vous feriez des Rois vaillants qui surmonteriez tous vos ennemis. Nous de-mandâmes au Roi, son fils Gabertin, et sa sœur Beya, qui était une fille belle et très-blanche, délicate et parfaitement aimable; nous joignîmes le frère et la sœur, et Gabertin mourut presque aussitôt. Le Roi voyant cela, nous emprisonna; et à force de prières et de supplications, ayant obtenu sa fille Beya, nous fumes 80 jours dans les ténèbres de la prison, et après avoir essuyé toutes les tempêtes de la mer, nous fîmes appeler le Roi, et nous lui rendîmes son fils vivant, de quoi nous rendîmes louanges à Dieu.
Toutes ces manieres de s’expliquer forment un langage extrêmement difficile à entendre; mais quelques Philosophes, pour voiler encore mieux leur œuvre, ont employé l’énigme. Le Cosmopolite entre autres en a mis une très-longue à la suite de ses douze Traités. Il suppose que voyageant du pôle Arctique au pôle Antarctique, il fut jeté sur le bord de la mer; une rêverie l’y saisit pendant qu’il y voyait les Mélosines qui y voltigeaient et les Nymphes qui y nageaient. II était attentif pour découvrir s’il ne verrait point de poisson Echénéis dans cette mer. Il s’endormit sur ces entrefaites, et le vieillard Neptune lui apparut avec son trident. Ce Dieu lui montra deux mines, I’une d’or, l’autre d’acier; puis deux arbres, l’un solaire, l’autre lunaire; et lui dit que l’eau, pour les arroser et les faire fructifier, se tirait du Soleil et de la Lune au moyen d’un aimant. Saturne prit la place de Neptune, et mit dans cette eau le fruit de I’arbre solaire, qui s’y fondit comme la glace dans l’eau chaude. Cette eau, ajouta-t-il, lui sert de femme, et a la propriété de le perfectionner de maniere que lui seul suffira sans qu’il soit besoin d’en planter d’autres. Car quand ils se sont perfectionnés l'un et l’autre, ils ont la vertu de rendre tous les autres semblables à eux.
Les Anciens employaient communément les fables, et celles des Egyptiens et des Grecs n’ont été inventées qu’en vue du grand œuvre, si nous en croyons les Philosophes qui les ont souvent rappelées dans leurs ouvrages. C’est en suivant leurs idées que je les ai expliquées dans le Traité que j’ai donné au Public, sous le titre de :
Les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées.
Quelques Philosophes ont employé un langage muet pour parler aux yeux de l’esprit. Ils ont présenté par des symboles et des hiéroglyphes à la maniere des Egyptiens, tant les matières requises pour I’œuvre, que leurs préparations, et souvent jusqu’aux signes démonstratifs, ou les couleurs qui surviennent à cette matière pendant le cours des opérations; parce que c’est à ces signes que L'Artiste connaît s’il a bien ou mal opéré.
Plusieurs Philosophes ont joint un discours à ces hiéroglyphes; mais cette explication apparente est toujours aussi difficile à entendre que le symbole même, souvent davantage. Tels sont ceux de Nicolas Flamel, de Sénior, de Basile Valentin, ceux de Michel Majer, quoique d’Espagnet dise que ces derniers sont comme des especes de lunettes qui nous découvrent assez clairement la vérité que les Philosophes ont cachée.

Lens Argent qui a souffert la fonte, et que les Philosophes appellent argent mort.

Laos ou Laos. Etain, Jupiter.

Laocoon Fils de Priam et d’Hécube, et Prêtre d’Apollon, fit tout son possible pour dissuader les Troyens d’admettre le cheval de bois, que les Grecs feignirent être un présent qu’ils offraient à Minerve. Les Dieux contraires à la conservation de cette ville le punirent, en envoyant deux serpents marins qui le dévorèrent dans le Temple, lui et ses deux enfans. Ces serpents marins sont les serpents sortis de la mer des Philosophes, qui dissolvent la partie fixe dans le vase, temple de l’Apollon Hermétique. Voyez les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées, liv. 6.

Laodiœ. sœur de Laocoon, se précipita du haut d’un rocher dans la mer. C’est la pierre volatilisée qui retombe- -au fond du vase pour s’y fixer avec l'eau mercurielle appelée mer.

Laomédon. Fils d’Ilus, Roi de Troye accueillit très-bien Neptune et Apollon, qui furent lui rendre visite sous un habit déguise. Ils lui offrirent de bâtir les murs de sa ville, moyennant certaines conditions, desquelles il convint avec eux. Ils élevèrent les murailles de Troye, et Laomédon refusa de les payer suivant leurs conventions. Ces Dieux irrités de son procédé l’en punirent. Apollon en envoyant une peste très-meurtrière, qui faisait périr beaucoup de monde dans la ville, Neptune inonda le pays, et fit sortir de la mer un monstre qui ravageait tous les environs de Troye. On consulta l’Oracle sur les moyens de faire cesser ces fléaux : il répondit qu’il fallait pour cela exposer Hésione, fille de Laomé-don, pour être dévorée par ce monstre. Hercule s’offrit à la délivrer moyennant un présent de quelques chevaux. Hercule tua le monstre, et délivra Hé-sione; mais Laomédon refusa de donner à Hercule les chevaux qu’il lui avait promis. Hercule tua Laomédon, et donna Hésione en mariage à Télamon qui l’avait accompagné dans son expédition. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 5, ch. 14 et liv. 6.

LAOS ou Laoc. Jupiter des Sages

Lapis des Philosophes. Soufre ou matière de l’œuvre fixée, que les Chymistes Hermétiques ont aussi appelée Sel de l’or.

Lapis Galiseustain. Vitriol romain. Lapis Arenosi. Jupiter. Planiscampi. Lapis Infenum. Pierre ponce.

Lapis Porcinus. Bardanne.

Lapithes. voyez PYRITHOUS.

Lappago. Grateron, Reble, Aparine.

Largeur. Les Philosophes donnent à leur matière trois dimensions, comme les Géometres aux corps ordinaires. Ce que les premiers appellent largeur, est la préparation de la matière, au moyen de laquelle ils en font la médecine. La hauteur est, selon eux, ce qu’il y a de manifeste dans leur matière, et la largeur est le moyen que l’on prend pour parvenir à ce que ce manifeste tient caché. La hauteur était froide et humide, et par le changement de disposition la largeur succède, c’est-à-dire, le chaud et le sec, parce que le manifeste cache toujours son contraire.

Laron. Mercure des Sages. Larusus Piloselle.

Laser. Suc ou gomme de benjoin.

Laterinm. Lessive ou capitel. Planiscampi.

Lathyrïs. Esule grande, ou Epurge.

Lathyrus. Espece de légume appelé Gerres.

Laton ou Laiton, ou Leton des Philosophes. Mercure des Sages, ou leur matière considérée pendant la putréfaction. Ce terme de laton s’entend plus généralement du fixe dissous avec le volatil. C’est pourquoi ils disent : blanchissez le laton, et déchirez vos livres, de peur que vos cœurs ne soient déchirés par l’inquiétude. Le mercure, qui est le volatil et leur azoth, est ce qui blanchit le laton. Lorsqu’il est devenu blanc, on est assuré de réussir. Il prend alors les noms de laton blanc, or blanc, terre feuillée, dans laquelle il faut semer l’or, c’est-à-dire, la couleur rouge. Quand il a acquis cette couleur rouge, c’est leur laton rouge, leur soufre aurifique, leur Salamandre, leur Apollon.

Laton immonde. C’est la matière en dissolution et en putréfaction, à laquelle les Adeptes donnent aussi les noms de terre sépulcrale, corps immonde, dragon Babylonien, Tête de corbeau, noir plus noir que le noir même.

Laton non net. Voyez LATON IMMONDE.

Latone. Fille de Coée le Titan, de Phœbé, selon Hésiode et Ovide, ou de Saturne, suivant Homere, tenait un rang distingué parmi les douze Dieux hiéroglyphiques des Égyptiens. Elle venait immédiatement après Vulcain, et ces peuples lui avaient élevé un Temple couvert d’or et décoré du même métal, comme étant la mere d’Apollon et de Diane.
La Fable dit que Jupiter en étant devenu amoureux, eut commerce avec elle. Junon jalouse envoya le serpent Python contre Latone, laquelle pour éviter sa dent meurtrière prit la fuite, et erra long-temps sur la terre et sur la mer; elle aborda enfui à I'isle de Délos, qui n’était pas encore fixée. Neptune l’affermit alors contre les flots, dont auparavant elle était le jouet, et Latone y accoucha premièrement de Diane, qui servit de sage-femme à sa mere, pour lui aider à mettre au monde Apollon, son frère jumeau. Apollon devenu grand, tua le serpent Python à coup de flèches

Voyez cette fiction expliquée dam le liv. 3, ch. 12 et 13, des Fables Egypt. et Grecques dévoilées.
LATONE. Les Alchymistes disent qu’il faut laver le visage de Latone; c’est-à-dire, qu’il faut extraire l’eau de leur terre vierge par la dissolution, et se servir de cette eau pour blanchir la terre même, qui est leur Latone. Ils nomment cette eau le sang de Latone. Latro. Mercure des Philosophes. Philalethe.

Lavandier des Philosophes. Nom que les Chymistes Hermétiques ont donné à Jupiter, lorsque le temps de son règne est en vigueur pendant les opérations de la pierre. Cest la circulation de la matière dans le vase. Elle s’éleve en vapeur au haut de l’œuf, s’y condense, et retombe comme une rosée, sur la matière qui reste au fond cette pluie la blanchit, de noire qu’elle était pendant le règne de Saturne; c’est le Lavement des Philosophes, et ce qu’ils appellent blanchir le laton ou leton.

Laudanum. Nom que Paracelse donnait à une composition d’or, de corail, de perles, etc. C’était un spécifique pour les fièvres.

Laudina.Augélique. Lavement des Philosophes. Voyez LAVANDIER.

Laver le LATON Voyez BLANCHIR LE LATON. Les Philosophes disent qu’il faut laver le Laton sept fois dans les eaux du Jourdain, pour lui ôter sa lèpre, comme 1’Ecriture dit que l’on fit à Nahaman; c’est-à-dire, qu’il faut le faire passer par les règnes des sept Planètes, ou par les sept différentes opérations ou cercles qui se succèdent les uns aux autres.
LAVER. Lorsque les Philosophes Hermétiques se servent de ce terme pour exprimer une opération de l’œuvre, quand la matière est dans l’œuf philosophique; on ne doit pas entendre qu’il faut tirer la matière de son vase, et la laver dans l’eau ou autre liqueur; mais qu’il faut entretenir ou augmenter le degré du feu, qui purifie beaucoup mieux les choses qu’aucune liqueur. Ainsi quand ils disent : Lorsque l’Artiste verra la noirceur nager dessus la matière, cette noirceur est une terre noire, puante, sulfurée, infecte, corrompante, qu’il faut séparer d’avec le pur, en lavant et relavant tant de fois avec la nouvelle eau, que la matière devienne toute blanche.
Cela signifie seulement qu’il faut entretenir le feu dans le même degré jus-qu’à la blancheur de la matière
LAVER AU FEU. Les Philosophes donnent le nom de Feu à leur mercure, qui par sa circulation blanchit leur laton. Ce qui leur a fait dire, les Chymistes lavent et blanchissent avec l’eau, et nous avec le feu.

Laver ou Sion. Becabunga, plante aquatique.

Laum. Amandes amères.

Laxa Cymolea. Sel qui se forme SUR les pierres.

Lazule. voyez LAPIS DES PHILOSOPHES.

Léarque.Fils d'Athamas et d'Ino,fut tué par son père, qui le froissa contre une pierre. Voyez INo.

Léda. Femme de Tyndare, ayant eu commerce avec Jupiter changé en cygne, accoucha de deux œufs, desquels naquirent Castor et Pollux, Hélene et Clytemnestre. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 3, ch. 14,
§! 4 et liv. 6, ch. 2 et 3.

Leffas. Van-Helmont a adopté ce nom de Paraœlse, pour exprimer la seve des plantes. Planiscampi écrit Loffas; mais il s’est trompe, ou son Imprimeur.

Lemnos. Isle de la mer Egée, autrefois célèbre dans les Fables, parce qu’on feignait que Vulcain y avait établi ses forges. On lui donnait aussi le nom SOphieusa, d’Ophis, serpent, à cause de la quantité de serpents qu’on y trouvait. C'est dans cette isle qu’abordèrent d’abord les Argonautes qui s’y arrêtèrent deux ans, et Jason leur Chef y courtisa Hypsiphile, dont il eut des enfans. Voy. les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées, liv. 2, ch. 1.

Lempnias. Orpiment.

Léphante ou Léphantea Premier tartre, ou bol tenant le milieu entre la pierre et le lut. Planiscampi.

Lepre (Gr. Art). Parties hétérogènes, impuretés terrestres que les métaux contractent dans la mine, et que la seule poudre de projection est capable de guérir. Geber et quelques autres Chymistes ont décrit fort au long les vices des métaux imparfaits. L’argent est parfait, I’or l’est encore davantage; ils ont cependant leurs infirmités et leurs maladies. Il y en a de deux sortes dans les métaux : la Première, qu’on appelle originelle, et qu’on regarde presque comme incurable, vient du premier mélange des éléments en l'argent-vif ou mercure qui est leur principe. La seconde se trouve dans l’union du soufre et du mercure. Plus les éléments sont donc épures, plus ils sont proportionnellement mêlés et homogènes, plus ils ont de poids, de malléabilité, de fusion, d’extension, de fulgurite et d’incorruptibilité permanente.
Cette seconde maladie, qui vient du soufre plus ou moins impur, fait l’imperfection des métaux; savoir, la lèpre de Saturne, la jaunisse de Vénus, l’enrhumement ou le cri de Jupiter, l’hydropisie de Mercure, et la gale de Mars. L’hydropisie du mercure consiste dans son trop d’aquosité et de crudité, qui lui viennent de la froideur de sa matrice; ce vice est un péché originel qu’il communique et transmet à tous les métaux qui en sont engendrés.
Quoique le Philosophe ait nommé le mercure une quintessence faite par la Nature, il est néanmoins si aqueux et si froid, qu’il ne peut être guéri que par un soufre bien puissant. Le soufre interne prédominant au mercure, le cuit, le digère, I’épaissit, et le fixe en un corps parfait; et le soufre externe, adustible, et séparable de la vraie substance des métaux suffoque l’interne, lui ôte son activité, et mêle ses impuretés avec celles du mercure; ce qui produit les métaux imparfaits. La maladie des métaux n’étant qu’accidentelle, elle peut donc être guérie; c’est pourquoi nous voyons que la Nature commence toujours par l’imparfait pour tendre à la perfection.
Les causes de ces maladies sont la terrestréité, l’aquosité, la combustibilité l’aéréité des éléments en leur mélange. La Première empêche l’union des substances; la seconde les rend crues; la troisième inflammables, et la quatrième volatiles. La Première empêche la pénétration et l’ingrès; la seconde est un obstacle à la digestion, et la sublimation de la matière; la troisième empêche son incorruptibilité, et la quatrième s’oppose à sa fixation.
L’impureté de la terre doit être lavée par l’eau, la froideur de l’eau est corrigée par l’air, la volatilité de l’air est fixée par le feu. L’art doit imiter la Nature; laver la terre métallique par sa propre eau; chauffer et digérer l’aquosité de l’eau par l’air, et congeler l’humidité volatile de l’air par le feu.
La chaleur et la sécheresse prédominantes au fer, le rendent chaud et colérique. La froideur et la sécheresse font le plomb pesant et mélancolique. La chaleur et l’humidité font l’étain jovial et sanguin. L’humidité et la froideur font l’argent flegmatique.
L’humidité et la chaleur mêlées imparfaitement, font le cuivre plein d’une teinture imparfaite, et les qualités de l’une et de l’autre mêlées proportionnellement, font le tempérament de I’or et sa perfection. La terre et l’eau rendent le plomb pesant, mou, noir et impur. L’air et l’eau font l’étain blanc, mou, aigre, léger et fusible. Le feu et la terre font le fer rouge, pesant, dur, impur et de difficile fusion. L’eau et l’air mêlés d’un peu de terre, font le mercure froid, fluide, aqueux, pesant et vaporeux. Le feu et l’air rendent le cuivre jaune et rouge, combustible, volatil et impur. La terre, l’eau et I’air mêles proportionnellement, sont la perfection de l’argent, de même que le mélange proportionné de la terre, de l’eau, de l’air et du feu fait celle de l’or.
La chaleur et la sécheresse du fer doivent être tempérées par l’humidité de l’argent-vif. La froideur de Saturne par la chaleur du cuivre. L’humidité et la chaleur de Jupiter par la sécheresse et la froideur de l’arsenic; et l’humidité et la froideur de Mercure par la chaleur et la sécheresse du soufre propre et convenable. En deux mots, il faut décaper Vénus par son savon, ôter le cri à Jupiter par son blanc d’œuf, les ailes au vieillard Saturne par un fin acier, laver Mars dans le bain où Vulcain lava le Soleil, donner à boire à Mercure un bon soufre, et rétrécir la Lune avec un bon sel ou une bonne terre vierge.

Lerne ou Lerna. Marécage dans lequel habitait l’Hydre qu’Hercule tua, et de laquelle les têtes renaissaient à mesure qu’il les coupait. Ce marais a pris son nom de Lernax qui en grec signifie un vase. Ce vase est celui de l’art Hermétique, dans lequel est renfermée la matière de l’œuvre signifiée par l’Hydre. Elle s’y putréfie, et enfin s’y fixe au moyen du feu philosophique indiqué par le flambeau du compagnon d’Hercule. Voyez les Fables Egypt et Grecques dévoilées, liv. 5, chap. 4.

Lessive, Azoth des Philosophes, ainsi nommé de ce qu’il blanchit le laiton des Sages.

Leta. Couleur rouge. Manget.

Léthé. L’un des fleuves qu’il faut passer avant d’arriver à l’empire de Pluton. En le passant on buvait de son eau, et l’on oubliait absolument tout ce qu’on avait appris, vu et fait dans le cours de la vie. voyez ENFER, PLUTON.

Levain Les Philosophes ont pris ce terme en deux sens différens. Le premier et le moins usité est proprement le sens propre de levain qui fait fermenter, et cela lorsqu’ils comparent leur œuvre aux métaux; parce que de même que le levain aigrit la pâte et la change en sa nature, de même la poudre de projection, qui est un vrai or, fait fermenter les métaux imparfaits et les change en or.
Le second sens de ce terme levain, est qu’il faut l’entendre, suivant Zachaire, du vrai corps et de la vraie matière de l’œuvre.

 " Mais faut être soigneux et vigilant, ajoute le même  Auteur, pour ne point perdre la propre heure de la naissance de notre eau mercurielle, afin de lui > conjoindre son propre corps, que  nous avons ci-devant appelé levain,  et maintenant l’appelons venin. " Les Philosophes entendent ordinairement par levain le soufre rouge ou l’or des Sages, et le soufre blanc ou leur Lune. Quand il s’agit de la multiplication en quantité pour la projection, ils entendent l’or et l’argent vulgaires.

Leucasie. Chaux vive.

Leucelectrum. Ambre blanc.

Leucoenus. Vin blanc.

Leucolachanum. Valériane sauvage.

Leucophagum. Blanc-manger, remède pour guérir la phtisie. Il se fait avec de la chair de chapon et de perdrix broyée dans un mortier, et arrosée avec du lait d’amandes.

Leucosis. Action par laquelle on blanchit le laiton philosophique : ce qui se fait par la circulation de l’azoth dans le vase des Philosophes. V. DÉALBATION.

Leucothée. Voyez IN0.

Leviger. Réduire un corps dur et solide en poudre impalpable.

Liab. Vinaigre.

Libanotis. Romarin.

Liber. Surnom de Bacchus.

Libys ou Lybys. Frère d’Alebion, tué par Hercule. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 5, chap. 12. Lichas. Domestique d’Hercule, lui porta la robe teinte du sang du Centaure Nessus. Hercule étant entré en fureur après l’avoir prise, jeta Lichas dans la mer. Voyez LYCHAS.

Licurgue. Voyez LYCURGUE.

Lien. Onctuosité des corps qui en lie les parties, réunit le volatil avec le fixe, empêche l’évaporation des esprits, et forme le composé des êtres sublunaires.

LIEN DES TEINTURES. Mercure des Philosophes, appelé Medium conjungendi tincturas.

LIEN DE L’ARGENT VIF. C’est l’or
philosophique, ou la fixation du mercure : ce qui arrive lorsque la matière de I’œuvre est parvenue à la couleur rouge.

Lier. Réunir, rapprocher, rendre adhérentes les parties séparées d’un corps. C’est proprement coaguler. En termes de Philosophie Hermétique, lier signifie ordinairement fixer, comme délier veut dire dissoudre, volatiliser.

Ligature. Voyez SCEAU.

Ligne. Est un des noms que les Philosophes ont donné à la matière du grand œuvre. Voyez POULE.

Ligni Heraclei. Bois de noyer; quelques-uns ont donné ce nom au bouis. Planiscampi.

Lili. L’Auteur du Dictionnaire Hermétique dit que Lili est en général toute matière propre à faire quelque teinture excellente, antimoine ou autre chose. C’est sans doute de là que Paracelce a donné à l’extraction d’une teinture des métaux le nom de Lilium. Mais quant au terme Lili, cet habile homme entendait tout autre chose, comme on peut le voir dans son traité de la Transmutation des métaux, et dans celui du Fondement de la Sagesse et des Sciences.

Lilium. Teinture philosophique, ou l’élixir parfait de l’art Hermétique.

LILIUM INTER SPINAS. Chevrefeuille.

Limbe de la Nature. Corps réduit en ses premiers principes élémentés, et non élémentaires. Il faut observer que lorsque les Chymistes Hermétiques disent qu’il faut réduire les corps à leur Première matière, ils ne prétendent pas les réduire à l’état des éléments du feu, de l’air, de l’eau et de la terre : mais à la Première matière composée de ces éléments A cette matière qui constitue la base de tous les corps des trois règnes animal, végétal et minéral.

Limer. Dissoudre la matière de l’œuvre, ce n’est autre chose que la cuire, la digérer jusqu’à ce qu’elle se réduise en poudre.

Limodorum. Orobanche.

Limpide. Morien donne ce nom à une des choses qui entrent dans la composition du magistere. C’est le mercure. Voyez ALMAGRA.

Linctus. Looch.

Linéaire. (Voie) (Gr. Art.) Les Philosophes Hermétiques emploient souvent ces termes dans leurs écrits, pour exprimer la simplicité des procédés du grand œuvre. Ils disent qu’il faut suivre la voie linéaire de la Nature; c’est-à-dire qu’il ne faut point s’amuser aux calcinations, sublimations, distillations et autres opérations de la Chymie vulgaire; mais agir tout simplement comme la Nature fait, sans multiplicité de fourneaux et de vases.

Lion. Les Philosophes Chymistes emploient souvent ce terme dans leurs ouvrages, pour signifier une des matières qui entrent dans la composition du magistere. En général c’est ce qu’ils appellent leur Mâle ou leur Soleil, tant avant qu’après la confection de leur mercure animé. Avant la confection, c’est la partie fixe, ou matière capable de résister à l’action du feu. Après la confection, c’est encore la matière fixe qu’il faut employer, mais plus parfaite qu’elle n’était avant Au commencement c’était le Lion vert, elle devient Lion rouge par la préparation. C’est avec le premier qu’on fait le mercure, et avec le second qu’on fait la pierre ou l’élixir.
Lorsqu’on trouve dans les écrits des Philosophes le terme de Lion employé sans addition, il signifie le soufre des Sages, soit blanc, qu’ils appellent aussi Or blanc, soit rouge, qu’ils nomment simplement Or. Quelquefois ils donnent le nom de Lion à la poudre de projection, parce qu’elle est or parfait, plus pur que l’or même des mines, et qu’elle transforme les métaux imparfaits en sa propre substance, c’est-à-dire en or, comme le Lion dévore les autres animaux, et les tourne en sa substance, parce qu’il s’en nourrit.
Lorsqu’ils se servent du terme de Lion pour signifier leur mercure, ils y ajoutent l’épithète qualificative de vert, pour le distinguer du mercure digéré et fait soufre. C'est dans ce sens qu’il faut entendre ces expressions de Morien : " Prenez la fumée > blanche, et le Lion vert, et l’Almagra rouge,et l’immondice." Le même Auteur, quelques pages après, explique ce qu’il entend par Lion Vert .
LION. (le vieil) Partie fixe de la pierre, appelée vieille, parce qu’elle est le principe de tout.
L i o n VERT. (SC. Herm.) Matiere que les Philosophes Chymiques emploient pour faire le magistere des Sages; cette matière est certainement minérale, et prise du règne minéral. Elle est la base de tous les menstrues dont les Philosophes ont parlé. C’est de cette matière qu’ils ont compose leur dissolvant universel, qu’ils ont ensuite acué avec les essences des végétaux, pour faire le menstrue végétal; avec les essences des animaux, pour le menstrue animal; et avec les essences des minéraux, pour le mens-truc minéral.
Ils ont donné le nom de Lion vert à cette matière pour plusieurs raisons, dit Riplée : 1”. parce que c’est par lui que tout reverdit et croît dans la nature. 2”. Parce que c’est une matière encore acide et non mure, bien éloignée de la perfection de l’or vulgaire; mais qui, par le secours de l’art, devient infiniment au-dessus de ce Roi des métaux : c’est un or vert, un or vif, encore imparfait, et qui, par cette raison, a la faculté de réduire tous les métaux en leur Première matière, et de volatiliser les plus fixes. 3”. Parce que le mercure qu’on extrait de cette matière rend semblable à lui-même, et détruit tous les autres corps, comme le Lion fait des autres animaux. 4”. Enfin, parce qu’il donne une dissolution verte.
On doit aussi faire attention, dit Jean Seger Weindenfeld (de Secretis Adeptorum), que les Philosophes distinguent plusieurs sortes de Lions verts. Par le premier, ils entendent le soleil ou l’astre qui nous éclaire, et qui fait tout végéter dans le monde. Par le second, le mercure, non le vulgaire, mais celui qui est commun à tous les individus, et par conséquent plus commun que l’argent-vif ou mercure commun; œ qui a fait dire aux Philosophes, que leur mercure se trouve par-tout et dans tout. Par le troisième, ils entendent la dissolution même de leur matière, qu’ils appellent aussi Adrop. Par le quatrième, c’est cet Adrop ou vitriol Azoquée, appelé Plomb des Sages. Par le cinquieme, c’est leur menstrue puant, que Riplée, Raymond Lulle, Geber et tant d’autres nomment Esprit puant, Spiritus fœ-tens, ou Sang du Lion vert. Par le sixième, ils entendent le vitriol commun, qu’ils nomment Lion vert des fous, quelquefois le vert-de-gris. Le septième, est le mercure vulgaire sublimé avec le sel et le vitriol, mais qui n’est point la vraie matière des Sages. Riplée appelle quelquefois ce Lion vert Sericon. On en tire deux esprits visqueux; le premier blanc, opaque, ressemblant à du lait, ce qui lui a fait donner le nom de Lait de la vierge, et par Paracelse, Colle de l’aigle, Gluten Aquilœ. Le second esprit est de couleur rouge, très-puant, appelé communément Sang du Lion vert. Ce sont ces esprits que les Philosophes, à l’imitation de Raymond Lulle, ont appelé Vin blanc et Vin rouge, ce qu’il ne faut point entendre du vin blanc ou vin rouge communs.
LION ROUGE. Les Philosophes Spagyriques appellent ainsi la matière terrestre et minérale qui demeure au fond du vase après la sublimation des esprits qui en sont sortis, et qu’ils appellent Aigles. Ce Lion rouge est aussi ce qu’ils nomment Laton.
LION VOLANT, LION RAVISSANT. V. MERCURE DES SAGES. Il est appelé volant, parce qu’il est volatil; et ravissant, parce que c’est le dissolvant universel de la Nature.
LION NÉMÉEN. Animal fabuleux descendu de l’orbe de la Lune, et envoyé par Diane pour ravager la forêt de Némée. Hercule entreprit de le prendre, et de le mener à Eurysthée. Il y réussit, comme on le voit dans le chap. 2 du liv. 5 des Fables Egypt. et Greq. dévoilées.

Liquéfaction. Il y a trois sortes de liquéfactions dans les minéraux. Quelques-uns ont des parties terrestres, ce qui les fait dissoudre dans leur continu, les fait liquéfier et fluer d’un flux mercuriel. Les corps qui fluent ainsi s’appellent mercures, quoi-qu’improprement ; car lorsque le plomb flue ainsi, il faudrait l’appeler plomb-vif, et non argent-vif.
D’autres minéraux ont des eaux dans leurs pores; ils se dissolvent au feu : ce sont les eaux minérales.
D’autres enfin contiennent de l’air et des parties ignées dans leurs pores, ce qui occasionne leur dilatation, avec une espèce de désunion de leurs parties, qui les font liquéfier et fluer au feu. Beccher.
LIQUÉFACTION PHILOSOPHIQIE. Matiere de l’œuvre en putréfaction. Elle est alors dans une véritable liquéfaction, parce que la putréfaction est le principe de la dissolution.

Liqueur végétale. Mercure des Philosophes, ainsi nommé, non de qu’il soit en effet une eau ou un suc extrait des végéta- mais parce qu’il a en lui un principe végétatif, et qu’il est primordialement le principe de la végétation.
LIQUEUR VÉGÉTALE CRUE. C’est le
mercure des Sages avant sa prépa-ration.
LIQUEUR VÉGÉTALE SATURNIENNE.
Matiere saline qui entre dans la com position du mercure des Sages. Elle se tire de la plante que les Philosophes appellent aussi Saturnienne; non que ce soit proprement une plante, mais ils en parlent par similitude et par allégorie. " On trouve dans les  lieux Saturniens, dit Philalethe,  une certaine herbe appelée Saturnienne, dont les branches paraissent  sèches, mais la racine est pleine  de suc. Recueillez cette herbe avec  sa racine, et portez-la jusqu’au pied  de la montagne de Vénus, où ayant  creusé par l’aide de Vulcain, vous y enterrerez votre herbe, dont la B vapeur ouvrira et pénétrera les pores de la terre " Quelques Chymistes ont appelé le vin Liqueur végétale; mais les Philosophes Hermétiques ne l’entendent pas ainsi.
LIQUEUR DE Mumie. Paracelse a donné ce nom à la graisse humaine.

Liquidité. État d’un corps dont les parties qui le constituent ne sont pas adhérentes. Il y a deux sortes de liquidité, l’une qui mouille les mains, comme celle de l’eau, et l’autre qui ne mouille pas les corps sur lesquels est le fluide; telle est celle du mercure commun et de celui des métaux. Cette dernière fluidité a sa cause dans les parties terrestres qui se sont insinuées dans les pores des métaux en plus grande quantité qu’elle n’était requise. Beccher.

Liquidien de Restout Tout ce qui est liquide de sa nature, comme l’eau, le mercure.

Liquor Mercurii. Baume presqu’uni-verse1 pour la guérison des maladies. Le mercure dont il s’agit n’est pas le mercure vulgaire; c’est celui, dit Pla-niscampi, qui se trouve en quantité dans le Téréniabin et le Nostoch.
LIQUOR ESSENTIALIS. Substance nutritive des alimens. Planiscampi.
LIQUOR MUMIA DE GUMMI. Huile des gommes. Planiscampi.
LIQUOR AQUILEGIUS. Eau-de-vie.
LIQUOR MICROCOSAMI. Mumie, ou extrait de Mumie. Quelques-uns donnent ce nom au sang humain et à son essence.
LIQUOR SALIS. Esprit de sel pré-pare philosophiquement, appelé par Paracelse Baume de Nature.

Lirion. La plante appelée Lis.

Litharge d’Argent. Matiere de l’œuvre parvenue à la blancheur par la cuisson des Sages.
LITHARGE D’OR. Pierre au rouge, ou soufre des Philosophes.

Lixandram. Sel armoniac. Lobus. Plante appelée Phaséole.

Loffas. Voyez LEFFAS.

Lomentum. Farine de feves.

Lot. Urine.

Loton. Voyez LATON et LETON DES PHILOSOPHES.

Lotoné. Poids d’une once.

Lotion. Circulation de la matière dans le vase des Philosophes; elle monte en vapeurs, et retombe en pluie sur le terrestre qui demeure au fond, le blanchit et le purifie, comme la rosée sur les toiles neuves dans les Blanchisseries.

La lotion des Philosophes n’est qu’un terme appliqué par similitude. Ils lavent avec le feu, comme ils brûlent avec I’eau. Leur lotion n’est qu’une purification de leur matière faite par le feu philosophique. Qu’on ne se laisse donc point tromper par 1’Auteur qui dit : allez voir les femmes qui font la lessive, et qui blanchissent le linge, voyez comment elles font, et faites comme elles. Il veut dire simplement, Ôtez à la matière ses impuretés, et cela par le feu philosophique ou le feu même de la matière : car un autre Auteur nous assure qu’elle se dissout, se purifie, se congèle, se noircit, se blanchit et se rubéfie d’elle-même; qu’on n’en ôte rien, et qu’on y ajoute simplement dans un certain temps ce qui lui manque pour la perfection de l’œuvre. Lotium. Urine d’enfant.

Lotus. Arbre consacré à Apollon et à Vénus. Les Égyptiens faisaient entrer dans leurs hiéroglyphes la plante appelée Lotus, et représentaient Horus, fils d’Osiris et d’Isis, assis sur cette plante; ils la mettaient aussi quelquefois à la main d’Isis. Elle était consacrée à Horus, parce que ce Dieu ne différait pas de l’Apollon Égyptien ou Hermétique. Voyez les raisons de tout cela dans le premier livre des Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.

Loup. cet animal était consacré à Apollon, et était en grande vénération chez les Égyptiens Voyez pourquoi, dans le liv. 1, ch. 8 des Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.
Loup. Quelques Chymistes ont donné ce nom à l’antimoine; mais il doit s’entendre du mercure des Sages. Prends un Loup affamé et ravissant, sujet, à cause de l’étymologie de son nom, au guerrier Mars; mais de race tenant de Saturne, comme étant son fils. Bas. Valent. Le mercure est dit petit-fils de Saturne.

LOUP GRIS. Antimoine.

Luben. Encens.

Lubricum. Matiere de l’œuvre Parvenue au blanc.

Lucifer. Magistere lorsqu’il sort de la putréfaction. Il est ainsi nommé de ce que les Philosophes appellent lumiere la matière parvenue au blanc, et que cette blancheur est annoncée par un petit cercle blanc qui se forme sur le noir autour de la matière

Ludus. Paracelse et Crollius ont employé ce terme pour signifier le sédiment qui s’attache au fond des pots de chambre.
LUDUS PUERORUM. Ouvrage de la pierre après sa Première préparation.

Lulfar ou Aliofar. Perles.

Lumiere. Les Chymistes Hermétiques dorment ce nom au mercure quand il blanchit après la putréfaction; et c’est alors que se fait la séparation des ténèbres et de la Lumière.
Ils nomment aussi Lumière la poudre de projection, parce qu’elle semble éclairer les métaux imparfaits, quand elle les transmue en or ou argent.
Les Philosophes ont quelquefois donné le nom de Lumière à leur soufre rouge; parce qu’ils l’appellent aussi Soleil, et que le soleil nous transmet la lumiere.

Luminaire. Les deux grands luminaires des Sages sont l’or et l’argent des Philosophes; c’est-à-dire la matière de l’œuvre parvenue à la couleur blanche qu’ils appellent Lune, et le magistere au rouge qu’ils nomment
Soleil.

Lunaire (Gr. Art.). Les Philosophes ont donné le nom de Suc de Lunaire à leur mercure qu’ils ont aussi appelé
Crachat de la Lune, Fils du Soleil et de la Lune; non que ce mercure soit en effet le suc d’une plante appelée Lunaire, dont les Botanistes reconnaissent deux especes, la grande et la petite; mais parce qu’ils nomment Lune leur mercure; que Marie, soeur de Moïse, dit être deux plantes blanches que l’on cueille sur les petites montagnes, et que Philalethe appelle Herbe Saturnienne.
LUNAIRE LUXURIEUSE. C’est le même mercure appelé femelle, que les Philosophes disent être si luxurieuse, qu’elle agace le mâle et ne le quitte point qu’elle ne soit devenue grosse. Voyez d’Espagnet, Can. 22.
LUNAIRE ou LUNARIA. !Soufre de nature.

Lune (la). Etait une des grandes Divinités des Égyptiens, connue sous le nom d’Isis. Macrobe et Vossius réduisent à la Lune presque toutes les Divinités du sexe féminin révérées dans les temps de l’idolâtrie. Cérès, Diane, Lucine, Vénus, Uranie, la Déesse de Syrie, Cybele, Isis, Vesta, Astarté, Junon, Minerve, Libitine, Proserpine, Hécate et plusieurs autres qui n’étaient formées que d’après l’Isis des Égyptiens, ne sont que des noms différens donnes à la Lune. Ces deux Auteurs ont raison, et ils ont entrevu la vérité sans la connaître, ou du moins sans pénétrer l’intention de ceux qui ne connaissaient qu’une même chose sous ces différens noms. Comme ces Divinités prétendues n’avaient d’autre origine que l’Isis des Égyptiens, il aurait fallu les expliquer de la même maniere et dans le sens des Prêtres d’Egypte, qui était celui d’Hermès, leur premier instituteur.
La Lune Hermétique est de deux sortes. La Première est leur eau mercurielle appelée Isis, la mere et le principe des choses; c’est pourquoi Apulée l’a appelée la Nature, et lui fait dire qu’elle est une et toutes choses. C’est de cette Lune que se forme l’autre, ou l’Isis, soeur et femme dOsiris, c’est-à-dire cette même eau mercurielle volatile, réunie avec son soufre, et parvenue à la couleur blanche, après avoir passe par la couleur noire ou la putréfaction. Considérée dans ces deux états, elle prend tous les noms que nous avons rapportés ci-devant. Les Philosophes Chymiques ne lui donnent communément que ceux de Lune, Diane, Diane nue et quelquefois Vénus.
LUNE. Ce terme se prend en plusieurs sens; tantôt les Philosophes entendent leur mercure simple, tantôt leur matière au blanc, et tantôt l’argent vulgaire. Lorsqu’ils disent que leur pierre est faite avec le Soleil et la Lune, on doit l’entendre de la matière volatile pour la Lune, et de la fixe pour le Soleil. Ils appellent aussi Lune leur soufre blanc, ou or blanc. Le règne de la Lune arrive dans les opérations, lorsque la matière après la putréfaction change sa couleur grise en blanche.
Quand les Sages parlent de leur Lune dans cet état, ils l’appellent Diane, et disent qu’heureux est l’homme qui a pu voir Diane toute nue; c’est-à-dire la matière au blanc parfait. Il est heureux en effet, parce que la perfection du soufre rouge, en or philosophique, ne dépend plus que de la continuation du feu.
L’éclipse du Soleil et de la Lune est le temps de la putréfaction de la matière, ou la couleur noire. Diane, selon la Fable, est sœur d’Apollon, elle est l’aînée, et a servi de sage-femme à sa mere, pour mettre son frère au monde. C’est que la couleur rouge, prise pour le Soleil, ne paraît qu’après la blanche, que l’on nomme Lune.
Lune DES PHILOSOPHES. ( S C .Herm.) Matiere des Philosophes, non unique, mais faisant partie du composé. Ce n’est pas l’argent vulgaire, ni le mercure extrait de l’argent : c’est la Satumie végétable, la fille de Saturne, appelée par quelques-uns Vénus, par d’autres Diane, parce qu’elle a une forêt qui lui est consacrée. L’argent vulgaire fait l’office de mâle dans les opérations de l’œuvre, et la Lune des Philosophes fait l’office de femelle. Ils lui ont donné une infinité de noms, dont quelques-uns semblent se contredire; mais il faut faire attention que ces noms sont relatifs soit aux opérations, soit aux couleurs de l’œuvre, soit aux qualités de cette matière Ils l’ont appelée tantôt eau, et tantôt terre. Respectivement au corps parfait, elle est un esprit pur; et relativement à l’eau minérale elle est corps, mais un corps hermaphrodite. Respectivement à l’or et à I’argent, c’est un mercure vif, une eau fugitive. Si on la compare au mercure, elle paraît une terre, mais une terre adamique, un chaos; elle est un vrai Prothée.

LUNE FEUILLÉE. Pierre au blanc.

Lune CORNÉE. Les Chymistes donnent ce nom à la chaux d’argent faite par l’eau-forte de la façon suivante. Faites dissoudre dans deux onces d’eau-forte une once d’argent fin; lorsque la dissolution est achevée, jetez-y de l’esprit de sel commun, qui fera précipiter l’argent dissous. Vous édulcorerez ensuite cette chaux, et vous aurez la Lune cornée.

LUNE RESSERRÉE. Argent de coupelle. Quand les Chymistes lui donnent le nom de Luna compacta, ils entendent parler de la Lune philosophique, ou matière de l’œuvre parvenue à la blancheur, et alors ils l’appellent aussi Or blanc, et Mère de la pierre.

LUNE. Chez les Chymistes vulgaires, signifie proprement l’argent dont on fait la monnaie et les meubles.

Lupinus. Poids d’une demi-dragme. Femel le prend pour six grains, et Agricola pour huit.

Lupulus Plante connue sous le nom d’Houblon.

Lupus Reœptitius, Lupus Salictarius. Voyez LUPULUS.

Lut. Voyez SCEAU D’HERMÈS. Dans les opérations les vaisseaux doivent être tellement lutés, qu’il ne s’y rencontre aucune ouverture par où les esprits puissent s’évaporer. S’il s’y en trouvait, l’œuvre périrait, ou le vase se briserait.
Le Zut est proprement une espèce de mortier compose de différentes matières, dont les Artistes se servent pour enduire ou encroûter les vaisseaux de verre, afin qu’ils résistent mieux à l’action du feu. Le lut sert aussi à joindre les ouvertures de deux vaisseaux, ou leurs becs de communication, pour empêcher que les esprits qui doivent passer de l’un dans l’autre, ou y circuler, ne se dissipent et ne s’évaporent.

Lychas. Domestique d’Hercule. Voyez LICHAS.

Lycius. Surnom d’Apollon.

Lycoctonum. Aconit.

Lycomede. Roi de Scyros, nourrit et éleva dans sa Cour, Achille, fils de Thétis. Il s’y cacha sous l’habit de femme pour ne pas se trouver au siège de Troye. Ulysse l’y découvrit, et le mena à ce siège, parce que cette ville ne pouvait être prise sans la présence d’Achille. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 6, Fatal. 1.

Lycurgue. Père d’Archémore, confia l’éducation de cet enfant à Hypsiphile, fille de Thoas qui régnait à Lemnos. Pendant qu’Hypsiphile était allé montrer à des Princes Grecs une fontaine pour les désaltérer, un serpent mordit et fit périr de sa morsure le petit Archémore. Les Grecs, par reconnaissance, instituèrent des jeux en l’honneur d’Archémore, et leur donnèrent le nom de Jeux néméens. VOY. HYPSIPHILE.

Lycus. Roi de Thebes, ayant voulu faire violence à Mégare, Hercule vint au secours de celles-ci et tua Lycus. C’est le précis de la fable, que les Alchymistes expliquent ainsi. Lycus veut dire en grec la même chose que Loup en français. Tous les Philosophes Spagyriques et particulièrement Basile Valentin, Religieux Bénédictin en Allemagne, entendent par le Loup l’esprit métallique. Toute matière métallique est composée d’un corps, d’une ame et d’un esprit. Mégare est l’ame, et Hercule est le corps. L’esprit comme le plus vif, est féroce et vorace, et pendant la putréfaction il veut attenter sur l’ame et la corrompre; mais comme elle est hors de ses atteintes à cause de sa semence ignée et de son abondance d’éther, le combat qui se fait entre eux est très-vif et très-long; le corps alors se saisit de l’esprit, le coagule, le fixe, et le tue, pour ainsi dire.

Lyncée. Fils d’Egyptus, ayant épousé Hypermnestre, fille de Danaiis, celui-ci ordonna à toutes ses filles, au nombre de cinquante, de tuer leurs époux la Première nuit de leurs noces. Toutes obéirent, excepté la seule Hypermnestre. Lyncée, son époux, se sauva, et vengea dans la suite la mort de ses freres par celle de Danaüs. Voyez HYPERMNESTRE.

Lysidice. Fille de Pélops et d’Hippodamie, épousa Electrion, selon quelques-uns, et en eut Alcmene, mere d’Hercule. D’autres disent qu’Alcmene fut fille d’Electrion et d’Anaxo. VOYEZ ALCMENE, HERCULE.