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LES ARMOIRIES  DE NICE

Du Vitryol au Sel des Philosophes

Léo Irénéus

 

Il est assez rare de voir inscrit d’une manière aussi parfaite, dans un livre de Pierre, la fabrication de l’antique Vitryol et la possibilité qu’il donne d’obtenir la semence quintessencielle. Cet ouvrage est d’autant plus curieux qu’il est assez loin de respecter le décret de fabrication, ordonné par l’Empereur Napoléon. Il est absolument étonnant que le Maître d’œuvre de ce travail, ait pris autant de liberté dans sa confection. Notre propos ne s’attarda pas sur ces considérations et nous nous concentrerons plus sur la portée alchimique du message, plus proche de nos compétences.

Nous disions donc que ce livre est le résumé parfait de la fabrication du très recherché Vitryol, la clef majeure permettant d’entrer dans les jardins du « Palais fermé du Roi » pour cueillir notre Souphre Philosophique.

Ce qui nous frappa de prime abord, c’est la description des Arbres, « à dextre d’un olivier sénestres d’un oranger, le dernier FRUITE d’OR . . ». On pourra à juste titre penser aux fameux Arbres Solaire et Lunaire de l’œuvre physique. Pourtant il n’en est rien, car la description devient lumineuse lors d’un examen plus approfondi comme nous allons le montrer.

L’olivier nous fait penser à son fruit, l’olive et plus encore, aux couleurs de cette dernière, la jaune - verdâtre et la noire. Or tels se présentent les aspects extérieurs de notre Mercure ailé vitriolique dont la verdeur, ou la crudité, présage de la vigueur de son action dans l’ouverture de notre mâle doré. Plus encore la couleur noire qui dans son premier état, est de couleur miel. Là vient assurément les allusions récurrentes aux symboles de la ruche, du miel et des abeilles. Comment s’étonner alors de la présence de ces « trois abeilles en face d’or » qui désignent très exactement la triple manipulation nécessaire pour l’obtention de notre feu aqueux !

Quant à l’oranger " fruit d’or ", il représente tout à fait notre Lion verd et Jaune notre or vif, androgyne primitif gardant encore invisible, la délectable semence qu’il tient hors de portée de l’industrieux ARTISTE qui n’attend que le moment propice pour la capturer dans sa nasse. Ayant récolté « l’orange » et « l’olive », il ne reste plus qu’à conjoindre judicieusement leurs huiles qui s’amalgameront en un merveilleux embryon qui affectera les rugosités d’une coquille de noix. Cette coquille qui orne le sommet du Caducée, le bâton vitriolique qu’enserrent les anneaux de griffons serpentins et aptères, aux becs d’oiseaux. Il n’est pas inutile de préciser que notre Souphre incombustible, naît de la mort des deux natures volatiles. L’union de du Sceptre hermétique horizontal et des anneaux croisés des fantastiques reptiles, dessine trois fois le glyphe de la convoitée substance saline, embryon de la future Pierre. Elle prend en effet trois aspects différents lors de son élaboration, la dernière étant alcaline et fixe. Les étapes importantes de notre développement, se trouvent résumé dans la figure principale où notre lion, ne saurait produire son sang rouge s’il ne dévore le soleil qui le surplombe. Nous renvoyons pour cela à la méditation de la proclamation du phylactère, au dessus de la gravure d’un Lion dévorant un soleil, dans le Rosarium Philosophorum, qui dit : « Je suis le Lion vert et doré, en moi est enfermé TOUT le secret de l’Art ».

Mais le travail préliminaire, aussi important soit - il ne peut être couronne de succès si la Nature divisée, n’est judicieusement réunie à nouveau, après les purifications idoines. Ainsi, " voulons que les ornements extérieurs des dites armoires consistant en une Couronne murale à sept Créneaux.. . . "

 Sept, le nombre nécessaire des Sublimations qui donnent le Mercure Philosophique, l’androgyne reformé, Monarque de tous les Règnes de la Nature, fondement inamovible des Teintures Solaires et Lunaire, lauriers de la définitive victoire des studieux Fils de l’Art, scrutateurs infatigables et sages imitateurs de la Nature.

 

Léo Irénéus ©