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COMMENTAIRE DE ALKEST

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J’espère que les lecteurs sauront apprécier la qualité de ce document ainsi que les commentaires de Leo Ireneus. Que l’on veuille bien me pardonner mes éventuelles erreurs d’interprétation mais devant la rareté de ce document je n’ai pas pu résister à apporter ma modeste contribution descriptive. 

         Au sommet, un ange curieux dont l’aspect diffère des deux autres campés aux bords latéraux de la croix. Son allure de « vieux poupon » barbu et cornu que laisse deviner l’ondulation des cheveux, contraste avec l’évident faciès souriant et juvénile des deux angelots de l’horizontale.

Mystérieux personnage qui incarne à la fois la matière immonde et noire qui sert de point de départ à l’œuvre et dont la recherche  et la préparation ont laissé à l’écart plus d’un courageux prétendant au titre de philosophe. On aurait tort de voir dans cette face peu commune une quelconque émanation du mal ou bien encore le diable en personne. C’est pourtant ce vieillard et son aspect de diable satisfait qui fut retenu comme l’un des chefs d’accusation à l’origine de l’arrestation et de la mise au bûcher des derniers détenteurs du savoir templier. De ce Baphomet, Fulcanelli détailla suffisamment le symbolisme tout en décortiquant le message utile au Labourant.

Sous le Baphomet dans un court phylactère l’inscription INRI, qui prise dans son sens hermétique détermine l’orientation et l’agencement voulut du symbolisme sous jaçent.  « Ignis Naturae Renovatur Item ».

Toute la partie supérieure de l’objet ainsi que le personnage central ont fait l’objet de l’étude harmonieuse et profonde de mon ami Leo Ireneus, c’est pourquoi  je ne m’attacherai qu’à la partie inférieure de la croix qui, rappelons-le, symbolise en Alchimie le Creuset. Bien que l’ensemble des symboles de ce crucifix ne fassent qu’un tout c’est cette partie inférieure qui évoque le plus une opération précise de la pratique.

Sous les pieds transpercés, trois petits carrés attirent l’attention. La loupe plus précise laisse entrevoir trois faces de dés, le 1 au-dessus, le 5 à gauche et le 3 à droite.

Chaque dé nous présente donc sa face impaire, leur addition nous donne le total : 9. Une telle disposition relève plus de l’organisation volontaire que du  hasard d’un simple coup de  dé. C’est encore une fois ce que nous dit Fulcanelli lors de l’analyse du dé présent sur un des caissons du château de Dampierre. De son developement je ne donnerai que quelques phrase-clefs, pour le reste le lecteur se reportera à la totalité  de l’analyse, avec avantage : « En demeurant même dans le domaine physique, qui est celui des manifestations matérielles et des certitudes fondamentales, nous pouvons assurer que l’œuvre n’est point soumis à l’imprévu. Il a ses lois, ses principes, ses conditions ses agents secrets et résulte de trop d’actions combinées et d’influences diverses pour obéir à l’empirisme. Il faut le découvrir, en compremdre le processus, bien connaître ses causes et ses accidents avant de passer à son exécution »(p53 édition de 1989 chez Pauvert)

L’œuvre est donc une science exacte dont la preuve peut être fournie par celui qui l’a compris et réalisé. C’est le message que la croix de Ferregon véhicule, la preuve irréfutable, la preuve par 9 dont le sytème ingénieux s’inscrit dans un X renversé ou croix de Saint André. Les plus perspicaces se repporteront aux anciens manuels d’arithmétique, là encore avec avantage.

Ce X l’auteur n’a pas manqué de le faire figurer au plus bas de son œuvre  et surmonté d’une sorte de crâne, qui rappelle de façon exotérique le Golgotha de la passion, mais aussi ésotériquement le caput mortum du travail, duquel s’élève l’agent secret au cours des phases pénibles et délicates de la sublimation alchimique. Cette série d’opérations dont le nombre peut être de neuf, permet la formation du vase philosophique représenté ici par le masque joufflu qui surmonte la tête de mort en une disposition en tout point parfaite et égale à l’original que permet la fusion du creuset dans la réalité opérative. On notera de surcroît les extentions latérales de ce masque mercuriel qui bouchent hermétiquement le système, en se collant aux parois latérales et internes de la croix.

L’image du feu de vulcain est présente sous ce qui, finalement, pourrait être un creuset agencé pour l’œuvre médian. Sous l'extrémité inférieure de la croix, plusieurs volutes se rassemblent en masse et donnent l'aspect d'un feu vulgaire et gradué.

Il serait impossible de terminer cette courte étude des chiffres 1, 3, 5 et de leur dsiposition particulière dans la croix, sans citer Eugène Canseliet qui fut d’une extrème générosité dans son ouvrage « L’hermétisme dans la vie de Swift et dans ses voyages » (Edt de 1998 chez Fata Morgana, pages 39 et  23 ) :

« Quand de cette manière Gulliver retomba dans les flots, les trois aigles volaient vers le nord, lesquelles, selon Salmon, « commandent à Saturne, Jupiter, et Vénus » et forment une première phase… »

« De plus ils avaient découvert deux petites étoiles ou satelittes qui tournent autour de Mars, dont la plus proche est exactement distante du centre de la planète primitive de trois fois le diamètre de celle-ci, et la plus éloignée de cinq fois. La première fait sa révolution en l’espace de dix heures et la seconde en vingt et une heures et demie »

Extraordinaire héritage d’enseignement hermétique, La croix de FERREGON mérite que l’on prenne le temps de la voir en détail. Peu d’objets sur cette terre peuvent stimuler à ce point la vigueur de l’esprit et une étude plus poussée sur son origine historique révèlerait certainement, dans la mesure d’un recadrage géographique, les paramètres d’un savoir secret volontairement dispersé.

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